André Chassaigne, président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine, s’adresse aux électeurs.

Rencontre entre André Chassaigne et Michèle Paravicini à Athènes

Lors de mon séjour en Grèce, j’ai rencontré Michèle Parravicini. Elle mène une campagne aux moyens limités, conduite avec une poignée de relais locaux. Mais une campagne forte, menée avec cœur et intelligence.                                             

Nous avons donc échangé sur plusieurs points au cœur des messages que notre candidate porte auprès d’électeurs disséminés, souvent peu mobilisés, mais qui peuvent être sensibles à des questions qui touchent à leur quotidien.

J’ai ainsi pu mesurer ce qu’apporterait une député Front de Gauche, au sein de notre groupe, pour porter les attentes et relayer les inquiétudes des citoyens français vivant hors de leur pays. Contrairement à l’image que l’on peut en avoir, beaucoup ont des conditions d’existence difficiles, voire précaires. Ceux qui habitent loin de la capitale ne disposent en fait d’aucun relais pour les accompagner.

Ainsi, en Grèce, ces Françaises et Français victimes de la crise, avec des salaires de misère, parfois non payés depuis des mois, ou celles et ceux qui ont perdu leur emploi et ne bénéficient ni d’indemnité chômage, ni d’aide sociale. Le retour en France devient pour certains l’unique solution avec la rupture de vie que cela représente pour des couples mixtes, dont les attaches se sont tissées dans le pays d’adoption qu’il va falloir quitter pour vivre.

Notre entretien m’a aussi confirmé dans le choix que nous avons fait d’intensifier les actions communes entre parlementaires communistes et progressistes d’Europe. Si le décalage dans le temps de l’adoption  des mesures  est une réalité, si la gravité des décisions reste encore de niveau variable, la convergence partout en Europe des politiques antisociales n’est plus à démontrer. La preuve la plus récente en est l’Accord National Interprofessionnel en cours d’adoption en France: mesures déjà mises en œuvre pour l’essentiel en Allemagne et qui ne se discutent même plus dans un pays comme la Grèce. De même, la lutte conduite ces jours-ci par les députés grecs de Syriza contre la suppression de 15.000 nouveaux emplois de fonctionnaires n’est pas sans rappeler l’action déterminée que nous conduisons en France, depuis tant d’années, contre la fameuse RGPP et ses dizaines de milliers de suppressions d’emplois dans la fonction publique.

Michèle Parravicini compte aussi prendre à bras le corps les questions liées à la scolarisation, notamment pour les enfants qui vivent loin d’établissements enseignant le français. La maîtrise de la langue française est devenue un vrai problème pour ceux qui sont les plus gravement touchés par la crise.

Sur la Turquie, nous partageons la conviction qu’il faut intensifier les efforts pour créer des ouvertures avec l’Union Européenne, trouver ainsi des solutions pérennes aux questions graves qui se posent au pays, répondre ainsi à une attente forte des Français qui y vivent.

A la suite de cette rencontre, c’est un appel que je lance à tous les Françaises et Français vivant dans cette circonscription: mobilisez-vous pour soutenir la candidate du Front de Gauche et son suppléant. Et allez voter pour renforcer notre groupe à l’Assemblée nationale en vous donnant un porte-voix dont la parole comptera avec le soutien des dix autres députés du Front de Gauche.

 

La droite refuse toute remise en cause des missions de la BCE et réécrit le rapport d’une de mes collègues

Jeudi 17 avril la droite à fait adopter par le Parlement un rapport qui confirme la Banque Centrale Européenne dans ses missions sans remettre aucunement en cause son fonctionnement.
En obtenant la rédaction d’un rapport sur les activités de la BCE en 2011, ma collègue et amie, Marisa Mattias du Blocco au Portugal, pensait pouvoir porter un regard critique sur les activités de la Banque centrale européenne.
Après de longues négociations et un important travail de fond celle-ci avait obtenu en commission économique plusieurs concessions de taille. Notamment la possibilité que les statuts de la BCE connaissent une évolution en faveur de la croissance. Cette demande que nous ne cessons de porter est loin d’être irréaliste puisqu’elle est une des bases de la réserve fédérale nord-américaine. Autre demande logique, la divulgation par la BCE des profits qu’elle a réalisé avec les 210 milliards de dettes européennes qu’elle détient et qui lui rapportent des intérêts.
Mais ces propositions de bon sens ont été systématiquement biffées par la droite européenne qui a confirmé son penchant pour une austérité dogmatique refusant toute remise en cause.
Devant cette réécriture des propositions de son rapport Marisa Mattias a préféré en retiré son nom et laisser la droite endosser seule cette orthodoxie aveugle refusant toute remise en cause.

Les députés dénoncent unanimement la manière dont le sauvetage de Chypre a été mené

Patrick Le HyaricPar Patrick Le Hyaric

Mercredi 17 avril, le Parlement a eu un débat sur le « sauvetage » de Chypre.

L’ensemble des députés a dénoncé, l’amateurisme, la cacophonie, et l’absence de transparence qui ont été le fait de la résolution violente de la crise bancaire chypriote.
Ils ont amené à un quasi blocage de l’économie pendant toute la semaine où les Banques chypriotes sont restées fermées du fait de la peur de retraits massifs.
La solution trouvée si elle se limite à taxer les déposants les plus fortunés sur la deuxième banque du pays, Laiki, n’en a pas moins traumatisé les habitants avec la fermeture des banques chypriotes pendant une semaine pour éviter tout retrait massif. En attendant les conclusions de  la mission de la Troika, les chypriotes savent déjà à quoi s’attendre en regardant du côté de leurs voisins grecs dont l’économie s’est contractée de 20% depuis les premières recommandations européennes.

Chypre est pourtant un cas doublement à part: pour des raisons historiques. Après l’invasion turque de 1974 qui fait suite à la tentative de la dictature grecque des colonels d’unifier Chypre à la Grèce, l’économie chypriote est exsangue du fait de la partition de l’île en deux. Pour compenser cette perte là de la moitié du territoire de l’île, l’économie chypriote se tourne alors vers une financiarisation à outrance de son économie.

La conséquence de la financiarisation et de la concurrence fiscale sur laquelle Chypre a joué en maintenant un taux sur les bénéfices des entreprises extrêmement bas (10%) est de faire exploser la taille de son secteur bancaire qui compte pour 8 fois la taille du produit intérieur brut de l’île.

Le cas chypriote, non seulement démontre que l’absence de solidarité européenne à poussé à une dangereuse financiarisation de son économie. En plus, alors que l’île semblait être un des rares vainqueurs de la concurrence fiscale entre Etats, elle n’en a pas moins été emportée par la chute violente de son système financier.
Se pose aussi la question de la pertinence des tests de résilience européens sur les banques qui avaient pourtant accordé un satisfecit à la banque Laiki qui s’est effondrée par la suite.

Mais plus grave encore reste le rôle joué par la BCE qui a menacé de couper les liquidités qu’elle injecte au système bancaire de l’île si les négociations avec le représentant de la zone Euro et du FMI n’étaient pas conclues en une semaine. Cette pression énorme au profit des bailleurs de fonds internationaux démontre que la BCE est prête à faire de la politique lorsqu’il le faut, elle qui se cache derrière son indépendance pour ne pas rendre de compte aux citoyens.

« L’écosocialisme, le socialisme du 21ème siècle », par Martine Billard

L’écosocialisme, est-ce verdir le socialisme ou repeindre en vert le capitalisme ? Tribune parue dans le journal l’Humanité en réponse à une tribune de Yannick Jadot donnant son point de vue sur le sujet.

Blog Martine Billard

Faire reculer l’emprise du capitalisme

Le texte de Yannick Jadot, dans le débat sur l’écosocialisme ouvert par l’Humanité, témoigne de la volonté d’engager, bien au-delà d’EELV, un débat de fond entre les forces qui se réclament de l’écologie, dont le Parti de gauche, sur les moyens et les médiations politiques susceptibles d’engager une transition écologique rendue plus que jamais incontournable. Le député européen exprime, comme une grande partie de la gauche, son scepticisme sur le « marché libre et non faussé au mépris des citoyens ». On ne peut s’empêcher d’y voir une critique en creux de la politique européenne actuelle largement soutenue par le gouvernement français. Mais, en même temps, cette tribune, bien que dressant un constat avec lequel nous avons beaucoup de points en commun, demeure floue.

Ainsi, se contenter de refuser de « verdir le socialisme ou de repeindre en vert le capitalisme » nous semble vraiment trop court. Plus explicitement, Pascal Durand, secrétaire national d’EELV, expliquait que son projet n’était pas écosocialiste mais « éco-écologiste » (interview dans Politis) renvoyant, à l’instar de l’idéologie libérale, le socialisme au musée des archaïsmes. Il y a là un désaccord de fond. Si l’écologie analyse avec pertinence les rapports entre l’homme et son environnement, elle ne dit rien en revanche des rapports entre les êtres humains. Les rapports sociaux, et encore plus la question de la propriété des moyens de production, ont toujours été un des points aveugles de la doctrine verte. D’où l’incompréhension de l’importance du dépassement du capitalisme. Il ne s’agit pas d’ajouter une touche de modernisme à un ensemble vermoulu mais de procéder à une nouvelle synthèse, l’écosocialisme, pour faire face aux exigences du XXIe siècle. Nous n’avons jamais proposé d’attendre la sortie du capitalisme pour engager la transition écologique. Mais pour répondre réellement au défi écologique, il faut faire reculer la logique marchande et donc l’emprise du capitalisme sur la société.

L’autre divergence porte sur le cadre spatial et les moyens de changement de modèle. Yannick Jadot exprime sans fard son aversion tant pour l’État central qualifié d’« autorité jalouse » qu’en direction de la nation assimilée aux « chimères d’une nouvelle ligne Maginot ». Si la lutte contre le réchauffement climatique doit être mondiale, car les gaz à effet de serre ne respectent pas les frontières, les pays riches ont toutefois une responsabilité particulière liée à leur mode de vie et aux gaspillages du passé. De la même manière qu’il ne s’agit pas d’attendre la société socialiste pour se préoccuper d’écologie, on ne peut pas non plus espérer que tous les pays se mettent d’accord pour engager le chemin vers la transition écologique. Si nous appelons à un nouvel internationalisme, c’est-à-dire une coopération entre les peuples à mille lieues de la lutte de tous contre tous que supposent la « compétitivité » et le libre-échange, l’État nation reste, pour de nombreuses années encore, le meilleur outil pour organiser la régulation et les politiques écologiques. Sinon, nous nous condamnons à l’impuissance. Ce n’est pas un hasard si l’État constitue la cible principale des politiques libérales du FMI et de l’Union européenne. Au surplus, il est impératif de penser l’avenir en termes de relocalisation industrielle, d’autosuffisance alimentaire et de circuits courts, ce qui exclut la fuite en avant dans la mondialisation au profit des multinationales.

L’État n’est pas diabolique par essence mais exprime les rapports de forces entre les classes à un moment donné, il n’a pas d’autonomie en soi. Il n’est pas voué à construire des centrales nucléaires et à promouvoir l’agriculture intensive. La planification écologique, c’est l’État au service de la transition. Yannick Jadot mélange donc dans sa critique orientations politiques de la social-démocratie, qui n’a toujours pas compris la nature des enjeux écologiques, et projet de société nécessaire au dépassement du capitalisme. La conversion écologique ne peut effectivement se réduire à verdir des politiques sociales-démocrates qui ne sont que des politiques productivistes. Cela n’a rien à voir avec l’écosocialisme.

Le Manifeste pour l’écosocialisme peut être téléchargé sur le site du Parti de Gauche.