En Grèce, on brade tout pour rien

Dans ce fameux laboratoire de l’austérité européenne, en Grèce, on teste toutes sortes d’expériences ; la  destruction de la société s’accompagne d’une destruction de la nature.
La Grèce perd jour après jour, une partie de sa souveraineté, de son indépendance, et devient une colonie où  la nature se transforme en un nouvel espace d’investissement pour des capitalistes étrangers avides d’accroître leurs profits.
Le gouvernement soutenu par la Troïka met en danger l’environnement, la santé du peuple grec par des  mesures dont les conséquences s’avèrent déjà catastrophiques
Diminution drastique des budgets alloués aux agences de gestion des zones protégées : les budgets de la « caisse verte» créée en 2010 ont été détournés à plus de 95%  pour  contribuer au remboursement de la dette.
Abandon des dispositions législatives et réglementaires qui protégeaient  de la surexploitation des ressources naturelles
Modification de la constitution grecque qui interdisait l’exploitation privée du littoral et des espaces forestiers
Les forêts, le littoral, les ressources naturelles étaient publics !
On assiste actuellement à des vagues de privatisations, de mises en concessions de la gestion de l’eau et des déchets, des ressources minières. Le littoral, la mer, les forêts, les îles, les monuments archéologiques et  les ports sont aussi à vendre aux moins offrants.
Deux exemples parmi tant d’autres :
– Une partie de la colline de l’Acropole a  été vendue pour y bâtir des logements touristiques, projets inutiles pour les populations et contraire aux plans d’urbanisme … renouant ainsi avec la folie de destruction de l’ancien tissu urbain et de constructions  désordonnées des années soixante dix.
– Lors de son déplacement en Grèce en février 2013, François Hollande et Andreas Samaras, 1er ministre grec, ont appelé les entreprises françaises à investir dans la terre et l’eau. Ainsi  « dès lors que des appels d’offre seront lancés, les entreprises françaises doivent être présentes » a insisté François Hollande, mettant en avant leur savoir-faire dans le domaine « de l’énergie, de la gestion de l’eau, des transports et chemins de fer », soit autant de secteurs où d’importantes sociétés  publiques doivent être cédées.Les conséquences sur l’environnement de ces dérégulations et de ces ouvertures de marché :

Les forêts qui ne sont plus protégées subissent les politiques de privatisation. Elles sont surexploitées de façon désordonnées afin de satisfaire la demande croissante en bois de chauffage, et enrichir quelques intermédiaires.
Des projets colossaux sont prévus pour développer les énergies renouvelables industrielles  qui vont détruire des environnements jusque-là protégés de la Grèce : les îles, en particulier la Crète. Mais une  partie de cette énergie sera envoyée vers l’Allemagne qui, ainsi diminuera indirectement son empreinte écologique, sa taxe carbone… !
Il a même été question d’exploiter d’hypothétiques nappes de pétrole en mer Egée.
L’exploitation des mines d’or par des compagnies étrangères dans la région de Skouries, à Kilkis mettent en grand danger :
– les forêts vieilles de 2 500 ans où sont situées ces mines,
– les nappes phréatiques, l’air qui déjà sont  polluées par les métaux lourds, le souffre, le mercure, le plomb, le cadmium,
– les équilibres micro-économique, écologique  et touristique de la région et de ses habitants.
Nephos, toujours plus ! 

Dans le ciel d’Athènes et Thessalonique plane un nuage de pollution : les grecs devenus trop pauvres pour se chauffer au fioul qui a augmenté de  40% en 2012, brûlent tout : bouts d’arbres coupés à la sauvette, « l’arbre de Socrate »,  vieux meubles chargés de produits chimiques… Les taux de pollution atmosphérique sont redevenus supérieurs aux seuils admis par l’OMS. Nous constatons déjà une augmentation des maladies respiratoires, ophtalmiques…
Biodiversité en danger 

Le littoral grec représente le quart des côtes méditerranéennes européennes. On ne peut que s’inquiéter des conséquences désastreuses de ces surexploitations touristiques, industrielles, sur ce haut lieu de biodiversité. Le bétonnage du littoral va accroître la pression sur la mer.
 
En Grèce on brade tout pour rien : au nom de la dette, on sacrifie la société, l’âme,  le territoire, les services publics, la nature grecs. Ces mesures macabres se poursuivront-elle?
Le destin de la Grèce est aussi le destin de l’Europe. Une Europe de l’oligarchie, anti-démocratique, installant  un colonialisme énergétique et foncier au XXIe siècle où la prise de décision est édictée par les lobbies.
Mais il faudra compter sur les mouvements citoyens qui manifestent, qui résistent à ces tentatives de destruction!
Le Front de Gauche se bat à leurs côtés pour que les écosystèmes ne soient plus détruits  au nom du seul profit libéral, pour qu’un plan de préservation de la Méditerranée soit enfin créé !
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