Interview

Michèle

Michèle Parravicini, que penses-tu de cette réforme dont le principal objectif est de rétablir plus de proximité avec les élu-e-s des français de l’étranger?

 La création des conseillers consulaires élus au suffrage universel direct est enfin une expression de la démocratie locale, proche des dispositifs français pour traiter des questions intéressant la communauté française, souvent oubliée,  vivant loin des grands centres français.

Ces conseillers seront les véritables relais locaux permettant de faire remonter au Gouvernement, et plus particulièrement au Ministre des Affaires Etrangères, les problématiques du terrain

 Après les élections législatives où tu as fait un excellent score à Athènes, pourquoi te présenter aux élections consulaires cette année?

 Les législatives nous ont permis d’ancrer, dans la 8e circonscription des Français vivant à l’étranger, l’espoir qu’une autre politique était possible, qu’une autre Europe était possible, une Europe sociale, solidaire, démocratique et écologique, une Europe des Peuples loin de la dictature de la finance, de l’euro-austérité, du nationalisme et de la xénophobie.

 Nous sommes heureux de participer à la poursuite de cet espoir, en rendant le Front de Gauche plus « visible » grâce à ses futurs élus de proximité et nous permettant ainsi, d’être plus au service et au contact des français de l’étranger.

Conseillers Consulaires

En passant

En 2014 les Français établis hors de France élisent leurs nouveaux représentants : les conseillers consulaires.

Avant 2012, les Français de l’étranger étaient représentés par 12 sénateurs et 155 conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger. Lors des élections législatives de 2012, les Français établis hors de France ont pu, pour la première fois, élire 11 députés pour les représenter à l’Assemblée nationale.

A partir de 2014, l’élection des conseillers consulaires complètera la représentation des Français de l’étranger par un dispositif de proximité.

 Quel est le rôle de ces conseillers consulaires ?

Les conseillers consulaires sont des élus de proximité, représentant les Français établis hors de France auprès des ambassades et des consulats, au sein des conseils consulaires.

Ils siègeront dans des conseils consulaires réunis sous la présidence du chef de poste diplomatique ou consulaire au moins deux fois par an, en fonction du volume de sujets à traiter. Les conseils consulaires participeront à la mise en place des politiques conduites pour les Français de l’étranger (enseignement, aides sociales, emploi et formation professionnelle, etc.).

Les 443 conseillers consulaires constitueront la majeure partie du collège électoral chargé d’élire les sénateurs des Français de l’étranger.

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Comment sont-ils élus ? Pour combien de temps ?

La Grèce aura 4 conseillers consulaires  élus au suffrage universel direct le 25 mai 2014.

Le nombre de conseillers consulaires  varie en fonction du nombre de Français inscrits dans la circonscription consulaire concernée

Les modalités de vote proposées pour ce scrutin seront le vote à l’urne, en personne ou par procuration, et le vote par internet.

Le mandat des conseillers consulaires sera de 6 ans, tout comme celui des élus à l’Assemblée des Français de l’étranger.

Infographie « Des conseillers consulaires : pour quoi faire ? »

NON A LA FERMETURE DES AGENCES CONSULAIRES PERIPHERIQUES !

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Quatre agences consulaires de notre circonscription étaient définitivement fermées en mai 2009 (Messine, Syracuse, Reggio de Calabre et Tarente) et les Français de l’Italie du Sud ont du se replier sur des agences situées jusqu’à …188 km ! Devons-nous craindre de nouvelles fermetures à court ou moyen terme ? Nous restons très vigilants sur la réorganisation du réseau consulaire et les suppressions de postes éventuelles, car cela concerne directement les Français résidents et de passage, les personnels des consulats et la place de la France en Italie et en Europe.

Elections consulaires, le Front de Gauche :  l’alternative à
 gauche pour les Français de l’étranger  



          Pour la première fois, un tiers des 1,7 millions de Français de l’étranger pourront choisir d’élire une candidate ou un candidat Front de Gauche aux élections consulaires de mai 2014. Les listes Front de Gauche présentées seront autonomes dans la plupart des circonscriptions et, même quand il y aura alliance, les candidats du Front de Gauche se poseront en franche opposition aux politiques d’austérité menées par le gouvernement et qui touchent de plein fouet les Français établis hors de France (abandon ou fermeture de lycées, d’instituts, de consulats, d’ambassades, de services à nos concitoyen-nes).


           A l’occasion de cette campagne, le Front de Gauche appelle à l’avènement d’une véritable représentation de proximité pour les Français-es de l’Etranger, plus inclusive et à l’écoute de nos concitoyennes et concitoyens. Face aux reniements des partis au gouvernement, qui prolongent les politiques d’économies de la droite et de retrait de la présence de la France dans le monde, nous proposons un accès amélioré à l’information et aux services
consulaires. Nous défendons la solidarité avec nos concitoyens les plus modestes, des politiques d’aides sociales et scolaires pour tous les Français, ainsi que le perfectionnement des réseaux d’informations pour les jeunes Français-es, afin de les aider à mieux s’insérer dans le tissu local ou poursuivre leurs études en France.

Signataires

–      Amsterdam (Pays-Bas, 23448 inscrits) , Florianne Gerwann, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche, candidate pour Français du Monde

–       Athènes-Thessalonique (Grèce, 10433 inscrits) :  1ère Michèle Parravicini, Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Barcelone (1ère circonscription d’Espagne, 35674 inscrits) : 1er Philippe Ogonowski, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2èmeDominique Salomon, Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Berlin-Hambourg (1ère circonscription d’Allemagne, 22386 inscrits) : 1er François-Jérôme Lallemand, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2ème Marie-Barbara schimmel, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Bogota (Colombie, 5029 inscrits) : 1er Rémi Norrito, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2ème Nadia Rabahi, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Brasilia-Recife-Paramaribo (1ère circonscription du Brésil, 3999 inscrits) : 1er Jean-François Deluchey, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2ème Nathalie Ciadella, Front de Gauche, ll’Humain d’abord

–      Bruxelles (Belgique, 115888 inscrits) : 1er Thomas Van Zwol, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2eme Juliette Ryan, PCF, membre du Front de Gauche, , l’Humain d’abord

–      Lagos-Abuja (Nigeria, 1674 inscrits) : 1er Jean-Louis Touton, Ensemble, membre du Front de Gauche, candidat unique pour Français du Monde dans la circonscription du Nigeria

–      Lima (Pérou, 3699 inscrits) : 1er Jean Martinez Mongrovejo, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2ème Marie Aliaga, Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Londres (2ème circonscription du Royaume-Uni, 120707 inscrits) : 1er Philippe Nadouce, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2ème Tatiana Jarzabek, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Madrid-Séville-Bilbao (2ème circonscription d’Espagne, 56033 inscrits) : 1er  François Ralle Andreoli, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2ème Claire Martin Hernandez, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Montréal-Moncton-Halifax (4ème circonscription du Canada, 55512 inscrits) : 1er Philippe Molitor, Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2ème Danielle Attal, Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Munich-Stuttgart (3ème circonscription d’Allemagne, 43795 inscrits) : 1er Éric Bourguignon, PCF, membre du Front de Gauche, l’Humain d’abord

–      Quito (Équateur, 2318 inscrits) : Marie Gaudfernau, 1er Parti de Gauche, membre du Front de Gauche – 2ème Vincent Gravez, Front de Gauche,l’Humain d’abord

–      Rio de Janeiro (2ème circonscription du Brésil, 7014 inscrits) : 2ème sur liste d’union, Florence Poznanski, membre de la liste Français du Brésil, l’Humain d’abord

–      Rome-Naples-La Valette-Cité du Vatican (1ère circonscription d’Italie, 20441 inscrits) : Françoise Mansouri, Front de Gauche, 1ère sur  liste d’union de la gauche

–      Santiago (Chili, 10623 inscrits) : Daniel Colas, Front de Gauche 1er sur liste d’union de la gauche

– Il existe aussi une liste Front de Gauche / NPA à Ouagadougou (Mali, 3552 inscrits) et des candidats membres de partis du Front de Gauche sur des listes citoyennes sans affichage politique en Amérique.

 

Être bi-national(e) en Grèce

Drapeau franco-grecEtre bi-national(e), signifie-t-il obligatoirement posséder deux nationalités, deux identités?

Le mot «  bi-national » répond en partie à la question puisqu’il signifie « national » deux fois et que l’identité, dans ce cas, se définit par rapport aux deux nationalités, soient celle d’origine qui se rattache au sol et à la langue d’une communauté, puis celle du pays d’adoption qui est acquise sur demande de l’intéressé(e) résidant à l’Etranger et voulant exercer ses devoirs de bi-citoyen(ne).

Qu’est-ce que cela implique par rapport au pays d’origine et au pays d’accueil?

Contrairement au « national » qui est un expatrié « à court terme » et qui subit une expatriation provisoire avec possibilité de retour en France, le bi-national est un expatrié «  à long terme » ou de résidence définitive et qui, conditionné par les liens affectifs et professionnels, n’a pas la perspective de rapatriement. Il en résulte que le bi-national se constitue une deuxième identité par l’acquisition de la langue et de la culture du pays d’accueil qui devient son pays d’adoption, y exerçant ses droits et ses devoirs civiques définis par la nouvelle communauté.

Qu’inspire le Binational aux Nationaux du pays d’accueil et du pays d’origine? Une différence est-elle ressentie?

Ma réponse est fonction de ma longue expérience de Binationale en Grèce mais ne peut  faire l’objet d’une généralisation.

A priori, il semble que les nationaux considèrent les binationaux comme étant favorisés par les avantages qu’offre la bi-citoyenneté : double passeport ou carte d’identité, résidence fixe dans un pays agréable à vivre par son climat, ses rivages, son histoire, mode de vie s’appuyant sur un permissisme envié par beaucoup, bien que vivement critiqué, etc. Toutefois la métamorphose du binational, se faisant au gré de son insertion dans le nouveau pays, accentue la différence qui oppose le « national » rivé à sa langue, sa culture et ses habitudes garantes de sa sécurité, et le « binational » qui acquiert une autre dimension des conceptions sociales, celles-ci dépassant largement les limites du «  national ».

Dès lors le Binational n’est plus des nôtres.

Il s’en suit un comportement réciproque entre nationaux et binationaux où la supériorité financière des uns s’impose au faible profil économique des autres qui, eux,  revendiquent leur expérience et affichent leur supériorité culturelle.

Quitter sa patrie, peut-il être considéré comme une trahison?

C’est ce que l’on m’a fait ressentir quand j’ai commencé à exercer ma profession en Grèce et que je m’y suis installée définitivement.

Tant que l’expatriation se trouve encore à la phase d’expérience, elle est considérée par les nationaux comme une étape naturelle de la vie et elle est bien tolérée. Mais quand l’insertion dans le pays d’adoption est effective et « réussie », elle devient un symptôme de trahison bien que le mot ne soit jamais clairement prononcé. J’ai vécu cette situation avec certains membres de ma famille et aussi des ami(e)s. On guettait ma «  déception » de l’Etranger et on attendait avec compassion le retour de l’enfant prodigue!

Pourquoi le binational a-t-il parfois le sentiment qu’on l’oblige à choisir entre l’une ou l’autre de ces identités?

Au niveau des rapports individuels.

Le « national » n’accepte pas la différence, soit parce qu’il  montre une inaptitude à s’adapter (on mange français, on parle français, on s’habille français, on achète français on ne raisonne que français, etc.), soit un refus de l’effort d’adaptation puisque le temps de résidence à l’étranger est compté. Dans ce cas, il cherche à s’imposer en affichant les valeurs françaises qui soulignent son identité unique, nationale française. Son but est de profiter des avantages que lui offre le pays d’accueil, ce qu’on ne peut lui reprocher. Le binational et ses problèmes lui sont indifférents. On entend souvent la phrase :- «Ne te plains pas, tu as choisi » (sanction ou punition?) ou bien « tu aurais mieux fait de rester Français(e) ».

Au niveau des droits de Français du binational.

Ils sont similaires à ceux des nationaux en ce qui concerne les droits fiscaux (pensions, retraites impôts s’il y a lieu, Sécurité sociale), le droit de vote (sous condition d’immatriculation au consulat) et l’aide à la scolarité qui incombe à l’administration du Lycée franco-hellénique d’Athènes. Le problème des bourses scolaires semble être le plus discriminatoire en ce qui concerne les binationaux.

Au niveau de l’identité.

La tendance est à la régression avec la formulation du retour à une seule identité nationale, ce qui obligerait le jeune binational de 18 ans à « choisir ». Or le binational issu de couple mixte, n’a pas à choisir son identité. Elle lui incombe dès le berceau. Il EST binational de fait et doit ignorer cette fausse option qui consiste à opérer une dé-nationalisation pour aboutir à une re-nationalisation.

La démagogie  nationaliste n’a pas de place dans les valeurs de la démocratie et ceux qui l’exercent ou la proclament, devraient rougir de honte.

L’enfant binational aura toujours l’avantage des deux langues et de l’assimilation à deux cultures vécues simultanément, sans passer par l’intégration.

Toutefois, je voudrais souligner l’existence d’une confusion (volontaire ou non) entre « naturalisation » et « nationalisation» : la naturalisation consiste à ne choisir qu’une seule identité, alors que la nationalisation permet le choix d’une deuxième identité (ou plus) en fonction des séjours à longs termes prolongés à l’Etranger, Certains pays dits démocratiques, obligent l’étranger à opter pour la nationalité exclusive du pays d’accueil, donc à renier son identité initiale. Serait-ce l’actuelle tendance, vaguement formulée, de certains pays européens dont la France? A nous, les binationaux, de rester vigilants et informés sur la question.

Quelles sont vos conclusions?

Je pense que les nationaux et binationaux ont des intérêts communs et qu’ils doivent se dégager des conceptions « nationalistes » qu’on veut leur imposer, en préservant par le vote, leurs acquis pour les uns, et leurs droits pour les autres.

Les nationaux sont les ambassadeurs de l’économie européenne alors que les binationaux sont les ambassadeurs de la langue et culture françaises qui permettent les échanges dans les domaines économique et culturel. Les deux communautés doivent conjuguer leurs efforts dans la concrétisation d’une Europe unie, bien compromise à l’heure actuelle. Les pays européens prennent conscience d’une crise qu’ils ont suscitée. Puisse-t-on l’enrayer à temps par des actes de solidarité et non par le désaccord.

Il me semble que le processus est en marche.

Annie Hatzinotas
Sympathisante de Gauche

 Article publié aussi en 2013