Entretien avec Michèle Parravicini, tête de liste Front de Gauche en Grèce

Candidate aux Législative de 2012 et 2013 pour la 8ème circonscription des Français de l’étranger, confortée par le score très encourageant du Front de Gauche (7,11%), Michèle Parravicini se présente actuellement comme tête de la liste Front de Gauche pour les élections consulaires du 25 mai 2014.

097

Que penses-tu de cette réforme dont le principal objectif est de rétablir plus de proximité avec les élu-e-s des Français de l’étranger?

Michèle Parravicini : La création des conseillers consulaires élus au suffrage universel direct est enfin une expression de la démocratie locale, proche des dispositifs français pour traiter des questions intéressant la communauté française, souvent oubliée, vivant loin des grands centres français.
Ces conseillers seront les véritables relais locaux permettant de faire remonter au Gouvernement, et plus particulièrement au Ministre des Affaires Etrangères, les problématiques du terrain.

Après les élections législatives où tu as fait un excellent score à Athènes, pourquoi te présenter aux élections consulaires cette année?
M.P. : Les législatives nous ont permis d’ancrer, dans la 8e circonscription des Français vivant à l’étranger, l’espoir qu’une autre politique était possible, qu’une autre Europe était possible, une Europe sociale, solidaire, démocratique et écologique, une Europe des Peuples loin de la dictature de la finance, de l’euro-austérité, du nationalisme et de la xénophobie.
Nous sommes heureux de participer à la poursuite de cet espoir, en rendant le Front de Gauche plus « visible » grâce à ses futurs élus de proximité et nous permettant ainsi, d’être plus au service et au contact des français de l’étranger.

suite de l’interview p34 35 de la lettre Europe du Parti de Gauche :http://www.lepartidegauche.fr/system/documents/Lettre_Europe_Avril_2014_.pdf

Interview réalisée par Claire Martin Hernandez

Publicités

COMMISSION EUROPE DU PARTI DE GAUCHE

À quelques semaines des élections européennes, l’Europe est à la croisée des chemins. Le continent connaît la pire crise sociale depuis la seconde Guerre Mondiale et voit pour la première fois depuis 1945 l’espérance de vie en bonne santé régresser dans de nombreux pays.

Grand Marché Transatlantique, négocié en secret à l’insu des peuples, nouveaux plans d’ajustements austéritaires, casse des services publics, menaces de guerres à l’Est, l’heure est grave. Pourtant, les peuples se mobilisent : 100.000 manifestants à Paris contre l’austérité imposée par le gouvernement Hollande – Valls au nom des dogmes de la Troïka ; près d’un million en Espagne le 22 mars pour la dignité et contre les coupes budgétaires.

Dans ce contexte, les élections européennes doivent continuer à marquer l’essor de l’autre gauche comme force d’opposition au libéralisme et au social-libéralisme. Ainsi en France, le Front de Gauche lance une campagne déterminée pour Rompre et Refonder l’Europe. Le Parti de Gauche, jouera un rôle central dans cette campagne entraînée par Jean-Luc Mélenchon, eurodéputé sortant dans le grand Sud-Ouest. À ses côtés, les candidats Gabriel Amard, Eric Coquerel, Corinne Morel Darleux et Raquel Garrido ainsi que tous les militants du PG, s’attaqueront inlassablement à l’Europe des traités.

http://www.placeaupeuple.fr/wp-content/uploads/2014/04/Lettre-Europe-Avril-2014.pdf

Candidate n°7 Front de Gauche pour les élections consulaires

Ganaelle Bressoud – Politis

Image

Diplômée de l’Ecole Boulle et de l’Ecole d’architecture de la Villette à Paris. Installée depuis 2000 en Grèce à Patras, mariée, un enfant.

Exerce le métier d’architecte depuis 10 ans en Grèce tout en développant parallèlement depuis 7 ans, en tant qu’artiste peintre, des activités pédagogiques autour de l’apprentissage du dessin et de la peinture auprès d’enfants et adultes dans des structures privées et publiques.

Membre du bureau depuis 2012 de l’Association Francophone d’Achaïe opérateur du Programme FLAM.

Les raisons de mon engagement sont liées à un parcours personnel qui privilégie les rapports humains ; à la situation économique qui oblige à ne pas rester neutre devant la gravité de la situation,  à la solidarité qui peut exister entre les habitants de ce pays, francophones et Grecs.

Rencontre avec une jeune franco grecque

Nous avons rencontré Anna* par hasard, elle travaillait dans le café où nous étions arrêtés. Nous entendant communiquer français, elle nous a parlé …dans un français, un peu hésitant.

Nous nous sommes revus par la suite, et elle a bien voulu répondre à nos questions :

Michèle : Pouvez-vous vous présenter ?

Anna : Mon père est grec, ma mère française, j’ai donc la double nationalité. Mes parents sont divorcés depuis longtemps. Ma mère vit en France. J’ai 25 ans

M : Vous habitez Athènes ?

A : Non, j’habite dans une île chez ma grand-mère avec mon père.  Mais pour travailler, il faut que je réside ici, alors je squatte pour l’instant chez des copains. J’ai très peur de prendre un loyer car mon travail est très instable.

Pourtant, j’ai de la chance. J’ai trouvé cette place depuis deux semaines où je suis un peu mieux payée que chez mon patron précédent. Et la clientèle est globalement agréable.
Il m’est arrivé une fois de travailler six mois sans être payée.

Ici, le patron me paye tous les 15 jours.
Mais, c’est difficile. Je gagne 3 euros de l’heure sans être déclarée. Donc, sans couverture sociale. Je travaille 8 heures par jour. Mon père, musicien, est au chômage, il vit sur la pension de sa mère qui est passée de 800 à 480 euros par mois. Quand je peux, je leur donne un peu d’argent.

: Vous allez en France ?
A : En France ? Mais comment avec le salaire que j’ai, pourrais-je me payer un billet d’avion ?

Il y a quatre ans que je n’ai pas vu ma mère qui vit à Lyon. J’ai envisagé la solution de l’immigration. Mais, le chômage augmente aussi en France.

Et, me retrouver migrante dans mon propre pays ? Avec des commentaires sur les Grecs qui ne payent pas d’impôts, qui vivent aux crochets de l’Europe…. cela ne me tente pas pour l’instant.

 M : Comment ressentez-vous  les Grecs ?

A : Depuis le début de la crise en 2008-2009, ils ont bien changé. Et pas en bien. Ils sont de plus en plus fermés sur eux même. Mon patron est albanais, il est correct. Avec les Grecs, c’est pas très net. Ils sont toujours dans une relation ambiguë avec les serveuses. Et, sachant le marché de l’emploi très tendu, ils en profitent. Ils nous prennent pour des esclaves.

M : A propos de difficultés, vous intéressez vous à la politique ?

: Je travaille depuis l’âge de 16 ans. Donc, je m’intéresse au syndicalisme et à la politique. Je suis proche du Syriza. Mais je milite peu car j’ai des préoccupations plus immédiates et vitales.
Ce qui me semble inquiétant, c’est la montée du parti chrisi avgi (aube dorée). Et aussi la lassitude des vieux Grecs. Même à Exarchia, le quartier libertaire, il commence à y avoir des problèmes. Beaucoup de gaz lacrymogènes, des interventions continues de la police… font que les habitants changent.
Ici, en Grèce, beaucoup d’armes circulent.

M: Et tu as des relations avec la communauté Française ?

A : Je connais l’institut français. Mais, je n’y vais jamais. D’ailleurs, je n’ai même pas de carte d’identité française. Il faut la faire mais c’est toujours compliqué.

Que fait la France pour moi ?  Pas grand-chose !

Vous êtes les premiers français à qui je parle depuis très, très, longtemps.

M : Et vous voyez votre avenir comment ?

A : L’avenir ? Comme tous les jeunes qui vivent en Grèce, je n’ai pas de projet. Je vis au jour le jour. J’ai des rêves. Je n’ai pas fait d’études mais j’’aimerais en faire en France, j’aimerais un jour aller dans une école des Beaux-Arts. Il parait que j’ai des aptitudes. ..mais je ne connais pas les modalités, les possibilités  qui s’offrent à moi…

Je sais que je pourrais me renseigner mais quand je finis ma journée de travail, le consulat est fermé depuis bien longtemps.

* le prénom a été intentionnellement modifié

ImageLes conseillers consulaires du  Front de Gauche se mobiliseront  pour un meilleur suivi de la formation et des carrières pour nos jeunes, désireux de travailler en France ou de rester en Grèce

Pourquoi le Front de Gauche ? B Delivorias

VASSILIS

 

Pourquoi le Front de Gauche ?

A l’époque actuelle où la mondialisation a bouleversé les hommes et les pays, dire que l’on est de gauche ou de droite semble signifier que l’on appartient à  une autre planète.

Mais la vie oblige à réfléchir sur la situation actuelle.

Nous vivons dans un pays où les luttes entre rois et nobles d’un côté, et peuple, artisans, paysans de l’autre côté ont eu comme conséquence la naissance de la démocratie et de la politique. Les idées démocratiques ont donné un élan fondamental à la philosophie et ont mis pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, l’homme au centre, en déclarant que l’homme est la mesure de tout. Ainsi, pour la première fois, est née la séparation majeure   entre  rois et nobles qui possédaient la terre, et le peuple, artisans, paysans qui travaillaient pour survivre. Plus tard, pendant l’empire Byzantin, dans les églises orthodoxes de Constantinople, orientées traditionnellement vers l’est, le roi et les nobles se trouvaient à droite, le peuple à gauche. Ce fut la première fois que l’on différencia la gauche de la droite;

Aujourd’hui, les différences entre la gauche et la droite sont évidentes pour ceux qui ont l’esprit ouvert :

Les valeurs de droite sont le nationalisme, le racisme, le chauvinisme qui conduisent au fascisme. La guerre a toujours été une des valeurs de la droite : il suffit de considérer les interventions militaires américaines, celles de l’Otan, contre le communisme, le terrorisme. Dans l’Histoire, les nations riches ont fait des guerres sans cesse, au nom du nationalisme, du chauvinisme ou du fascisme. Grâce aux guerres, et au pillage, les grands pays d’Europe sont devenus encore plus riches : ils ont ainsi, eu les moyens de construire des monuments, des belles habitations, des routes, des universités, des hôpitaux….le colonialisme était une valeur très importante de la droite, car des énormes profits coulaient ainsi, sans cesse vers les métropoles du capitalisme… créant ainsi une catastrophe sans précédent à cause du pillage de  la nature, créant aussi une terrible pauvreté en Afrique, en Asie, et dans le monde entier. La crise actuelle qui frappe avec une force terrible tous les peuples est la conséquence de ces valeurs de la droite.

Et les valeurs de gauche ? La télé, les journaux, tous les medias, qui sont dans les mains des capitalistes hurlent du matin au soir que le Front de Gauche, l’extrême droite en France, Syriza en Grèce sont la même chose, c’est à dire un danger pour la société. La gauche officielle, le PS, les sociaux-démocrates, eux, sont des gens responsables, qui vont nous faire sortir de la crise, avec, certes des pertes, énormes bien sûr, mais on ne peut pas tout demander !!!

Mais l’histoire témoigne que le PS, les sociaux-démocrates, ont fait alliance avec les capitalistes, au nom du nationalisme… lors de la première guerre mondiale,  ils ont envoyé les ouvriers français, anglais, russes se battre contre les ouvriers allemands,  ils sont à l’origine des massacre des millions d’hommes au nom du nationalisme;

Ce sont eux qui ont assassiné Rosa Luxembourg et les ouvriers communistes allemands pendant la révolution allemande. Ce sont eux qui ont aidé Hitler à accéder au pouvoir. Aujourd’hui Hollande oriente le gouvernement totalement à droite par peur que la droite lui prenne sa place. En Grèce, on voit la même chose : SYRIZA qui n’a jamais été au pouvoir, est accusé d’avoir conduit la Grèce à la catastrophe. La force des medias est énorme. Du matin au soir, on exploite la moindre  information en manipulant les sondages pour montrer que la Gauche radicale est irresponsable, que les gens de gauche sont des gens dangereux, en relation avec les terroristes, et qu’ils veulent le totalitarisme, comme le Stalinisme.

Mais le Socialisme ou le Communisme n’ont rien à voir avec le Stalinisme qui fut une contre révolution due à la perte du pouvoir par les travailleurs et la restauration du capitalisme. En France pendant la révolution, la perte du pouvoir qui passa dans les mains de Robespierre et du comité révolutionnaire a donné aussi l’occasion au Directoire de prendre le pouvoir afin de faire une contre révolution qui a mené Napoléon au pouvoir,  conduisant aux guerres impérialistes.

Parvenir au pouvoir est difficile, mais garder le pouvoir est encore plus difficile. Ce n’est qu’avec la démocratie présente à tous les niveaux que la Gauche peut rassembler toutes  les couches populaires et fonder ainsi un pouvoir populaire démocratique.

Ceux qui ont visité Athènes, ont peut être vu, ses trois lieux historiques: l’Acropole, en face sur une autre colline la Pnyk, et plus bas l’Agora. La Pnyk c’est le lieu où fonctionnait la démocratie, c’est à dire où existait le pouvoir des citoyens athéniens élus pour 6 mois afin de gouverner la cité. L’Agora, plus basse était le lieu de la vie économique. Donc la Pnyk, le pouvoir démocratique exercé par les clubs athéniens contrôlaient l’Agora, et l’Acropole, avec le temple de la déesse de la sagesse Athena, contrôlait la Pnyk.

Aujourd’hui, c’est l’inverse : c’est la vie économique qui contrôle la démocratie !!!

Il faut redonner à la démocratie la place qui lui revient en replacer l’humain d’abord !!!