Les Citoyens européens, face aux urnes

Annie Dransart-Hadjinotas, Enseignante retraitée binationale et bilingue, Citoyenne européenne résidant en Grèce

Les élections européennes approchent….elles dénotent l’inquiétude fébrile tant des gouvernants de la politique européenne que des citoyens convoqués aux urnes en mai 2014. En témoignent les appels à la solidarité, qui fusent de tous azimuts reflétant « la crise politico-économique et sociale dans laquelle est plongée l’Europe entière. Quel est donc l’avenir de cette Europe vacillante? Quel sera le sort de tous ses citoyens qui s’appauvrissent de jour en jour et sont convertis en « chômeurs à contrats indéterminés », au nom de la croissance, de la compétitivité et du profit? Le citoyen européen devra bientôt accomplir son devoir d’électeur par le choix d’une politique dont il est la victime et même l’exclu!

         Le dilemme du citoyen européen

Membre-résident ou bi-multinational suivant les circonstances, il détient aujourd’hui un rôle prépondérant sur la scène politique concernant l’Union européenne. Son vote est indispensable pour assurer la continuité et la survie de l’Europe. Toutefois, il se heurte à des conjonctures ambiguës et il se trouve dans l’impasse d’un choix politique.

         Opter pour une Europe de l’économie et de la finance, c’est accepter les lois     actuelles  du traité de Lisbonne qui soutient la croissance et l’économie de marché déjà en pleine course, aux dépens des acquis sociaux qui s’effritent progressivement : dévaluation de l’emploi, suppression des prestations sociales, restrictions de l’assurance médicale, dégradation de l’éducation etc.

La Démocratie, source de la pensée philosophique politique et sociale née dans l’Antiquité, agonise. Quels idéaux peut-on envisager si la raison du plus fort -aujourd’hui et demain- s’exprime au détriment de la liberté et de l’égalité, si les peuples sont réduits à l’esclavage?

          Opter pour une Europe sociale dans les circonstances actuelles, ne peut porter ses fruits qu’à long terme car cela nécessite une prise de conscience des gouvernements et la création d’un nouveau modèle  social et politique qui va à l’encontre de l’économie d’aujourd’hui, laquelle ne peut faire marche arrière dans l’immédiat, vu la conjoncture des accords internationaux et mondiaux.  La politique sociale dit de « l’humain » a donc essentiellement son objectif  dans le « temps futur » contrairement à la politique de marché qui s’exerce «  au temps présent »

           Opter pour l’abstention, c’est accepter l’impasse dans laquelle le citoyen est « traqué ». Pour certains, il s’agit d’une situation sans issue, pour d’autres  il s’agit d’un acte résigné affirmant un comportement de vaincu, d’abandonné à son sort, pour d’autres encore, l’abstention est un acte réfléchi de protestation. Il n’en reste pas moins que les répercussions en sont négatives, car elle élimine le citoyen de sa participation à un avenir qui pourrait être meilleur, elle l’exclut de ses droits d’égalité et de justice, elle le ramène à un statut de « hors la loi » et souvent à un comportement « d’assisté ». On peut comprendre alors la nécessité du Vote.

Pour « quoi » voter?

Le vote est un devoir et un droit de chaque citoyen. C’est un acte politique. Même le fait de se dire apolitique exprime un choix politique.

Le choix d’une politique sociale ou économique qui incombe aujourd’hui au citoyen européen et autre, est donc celui d’opter, soit pour une politique du présent (économie de marché), soit pour une politique du futur (démocratique et sociale). Dans les deux cas, le citoyen sait qu’il ne pourra récupérer ses acquis ni changer à «  court terme »  l’orientation actuelle politico-économique. Par contre, l’optique du « futur » peut l’inciter à reconstruire l’espoir d’un avenir meilleur, sinon pour lui, du moins pour les générations à venir. Faire abstraction de ses intérêts personnels, rejeter l’individualisme pour agir ensemble dans un but commun, c’est toute la signification du vote de demain.

Certains milieux politiques ont compris la nécessité d’une remise en question du modèle européen. Il incombe au citoyen de s’en informer afin de voter pour un moindre mal…

Conclusion

Avec les fêtes de fin d’année 2013 et l’émergence de 2014, le message des gouvernants et partis politiques a été clair. «  Redresser l’économie par la reprise de la croissance, sauver l’Europe de la faillite »…. Par contre, peu de souhaits pour les citoyens, excepté des « mea culpa » enrobés de promesses sans objectifs précis…et pour cause!  Nombre de cartes de vœux et gadgets de nouvel an représentaient un navire voguant sous pavillon de l’Europe unie, vers une destination inconnue. Si le capitaine de ce bateau symbolise la finance et les chefs de l’économie de marché, l’équipage, lui, symbolise les citoyens européens dont beaucoup ont péri dès la première étape du voyage. C’est donc aux survivants de s’accrocher pour changer d’itinéraire, à défaut de pouvoir changer, dans l’immédiat, de capitaine.

Et si rien n’est impossible en ce monde, tout peut devenir possible. Il suffit de le vouloir …et de s’entendre

 Athènes, le 30 mars 14

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