Intervention à Thessalonique

Nous avons été invités à la mairie de Thessalonique par M. Anamatidis, député du SYRIZA, qui nous avait demandé de parler de la situation politique et économique de la France face à un public grec, franco-grec et français.

Voici les grandes lignes de cette intervention  publique  :

En mai 2012, nous avons grâce à nos voies, élu un président du parti socialiste dont le slogan était « le changement c’est maintenant ». La chambre des députés élue quelques semaines après confirmait cette volonté du peuple français de changement : la majorité de cette chambre est située à gauche française.

Quels ont donc été ces changements après une année d’exercice ?

« TSCG ». « Pacte budgétaire européen », le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire vise à contraindre les Etats de la zone euro à financer leurs dépenses par leurs recettes et donc à limiter le recours à l’emprunt- la limite du déficit structurel autorisé est portée de 1 % à 0,5 %, pour l’« objectif à moyen terme ».
Signé le 2 mars 2012, lors de son intervention à la tribune de l’Assemblée nationale, le premier ministre PS a fini par avouer que pas une seule ligne du traité budgétaire européen signé par Sarkozy et Merkel n’a été modifiée : une ratification sans débat, sans la moindre prise en considération des propositions des forces progressistes (politiques, syndicales et associatives) mobilisées contre l’austérité.
La ratification du TSCG est une atteinte à  la démocratie et contre l’idée européenne.

L’ANI : la destruction du code du travail.
Ce texte porte un coup très dur à toute l’organisation sociale, met en cause la protection des salariés, joue contre l’emploi, et modifie le rapport des forces en faveur du patronat

Autre atteinte au monde des travailleurs : amnistie sociale partielle. 

Evasion et Fraudes fiscales : Le récent scandale de l’affaire Cahuzac.
60 à 80 milliards d’euros d’évasion fiscale chaque année soit l’équivalent du déficit budgétaire.
L’évasion et la fraude fiscale sont le fruit d’une politique délibérée menée au niveau national : « l’optimisation fiscale ». Cette politique préméditée n’a qu’un but : permettre aux plus fortunés et aux grandes entreprises de disposer d’un outil supplémentaire d’enrichissement et imbattable puisque net d’impôt. Le tout organisé industriellement par des cabinets d’avocats et des banques d’affaires pourries.

Situation politique

76% des français mécontents de François Hollande après 1 année de gouvernement.
Nous constatons actuellement, en France sous couvert de la lutte contre l’austérité, les mêmes pratiques destructrices que celles imposées d’une façon violente au cours de ces dernières années en Grèce.
Nous devons comprendre que nous sommes tous victimes des mêmes politiques d’austérité et que chaque nouveau prêt proposé à un pays endetté, comme la Grèce, Chypre … rapproche ce pays de la soumission financière et politique conduisant à la perte de souveraineté et à des désastres écologiques.
Ainsi, la meilleure façon pour chaque citoyen de réagir à ces diktats de la finance est de se mobiliser contre ces politiques austéritaires qui montrent leurs limites
désastreuses socialement, et leurs stupidités économiques, puisque elles sont incapables de répondre à l’objectif qu’elles se sont fixé, la réduction des déficits.

Ma candidature au Front de Gauche au Législative est une élection francofrançaise, notre rapprochement avec Syriza se justifie :
Parce que nos idées rejoignent souvent les vôtres quant à l’austérité, la lutte pour la dignité et le respect des peuples,
Car c’est un pas vers les prochaines élections européennes de 2014,
– Les instances élus en France n’ont pas accepté de recevoir Tsipras et nous n’acceptons pas que le 1/3 du peuple grec soit totalement ignoré par le gouvernement en place en France.

La création de l’Europe, cette belle idée s’est faite à la sortie de la 2de guerre mondiale pour permettre la réalisation de vieux rêves d’amitiés, de paix  et de coopération entre les peuples : elle n’est maintenant qu’au service de la finance, de la dérégulation, de la casse des services publics, de la perte de souveraineté des États.

Nous voulons une autre Europe sociale et solidaire.

La décision de l’Eurogroupe sur Chypre est catastrophique

A l’occasion de sa réunion à Athènes, le 27 Mars 2013, la Présidence du Parti de la gauche européenne (PGE) a souhaité exprimer sa solidarité avec le peuple chypriote et avec sa lutte contre l’imposition d’un plan d’austérité.

Les évolutions à Chypre signalent une nouvelle phase de l’Union européenne, caractérisée par une escalade de la violence et de l’autoritarisme néo-libéral contre la démocratie et les souverainetés populaires. Chypre n’est pas un cas « à part », ce nouveau plan concerne probablement tous les États surendettés de la zone euro. Le NON du Parlement chypriote, qui contraste avec l’attitude soumise de la droite du Président Anastasiades, a été brutalement attaqué par l’UE et la troïka, qui ont même exigé que le plan B soit adopté sans vote parlementaire.

La décision de l’Eurogroupe sur Chypre est catastrophique, tant au plan social qu’économique : les prévisions parlent d’une « adaptation violente » du peuple chypriote à la misère par des mesures qui conduiront à la perte de 20% du PIB chypriote en six mois!

La passion soudaine des dirigeants de l’UE, pour la lutte contre le blanchiment d’argent est d’une hypocrisie remarquable. S’ils voulaient vraiment lutter contre le blanchiment d’argent et la fraude fiscale, ils auraient du accepter les propositions répétées de la gauche européenne et des mouvements sociaux pour la suppression des paradis fiscaux et des sociétés offshore, ainsi que la mise en place de taxes sur la circulation des capitaux.

Les conséquences de l’offensive néolibérale, soit disant « européiste », pousse en réalité les gens vers le chauvinisme, l’extrémisme de droite et le populisme anti-politique. La gauche européenne est fermement opposée à la destruction de l’Europe par la direction de l’UE et les gouvernements néolibéraux nationaux. Elle va intensifier sa lutte pour la formation d’un front social et politique européen de résistance et alternative. Le NON du Parlement chypriote crée déjà une rupture face à la vieille rengaine selon laquelle il n’y a pas d’alternative. La lutte pour la restauration de la démocratie, de la justice sociale et de la souveraineté populaire doit désormais s’intensifier. En ce sens, le PGE soutient la demande de la population chypriote de décider si elle souhaite être soumise à ce plan de destruction ou non, par le biais d’un référendum.

Pour la présidence du PGE,
Pierre Laurent
, Président du PGE,

Alexis Tsipras, Maïté Mola, Marisa Matias et Grigore Petrenco, vice-présidents du PGE