Pâques Citoyennes

Si certains candidats ont des soutiens qui brillent dans les ors de la Républiques, Michèle Parravicini en femme normale, préfère aller à la rencontre des ces français qui vivent loin des falbalas.

Comme le souligne André Chassaigne, à juste titre, sur ce blog, dans son adresse aux électeurs :
« Contrairement à l’image que l’on peut en avoir, beaucoup (de français de l’étranger) ont des conditions d’existence difficiles, voire précaires. Ceux qui habitent loin de la capitale ne disposent en fait d’aucun relais pour les accompagner. »

PâquesLe 5 mai 2013, pendant que plusieurs milliers de personnes « vociféraient » place de la Bastille dixit le premier secrétaire du Parti Socialiste (les manifestants apprécieront), Michéle Parravicini est allée à Aegio invitée par Marie Laure Veilhan et son compagnon Christos pour fêter les Pâques orthodoxes grecques.

Une vingtaine (10 selon les RG) de personnes étaient présentes et Michèle Parravicini entre mézés et ouzo a parlé avec ces hôtes. Morceaux choisis de leurs échanges.

Comment se prépare ton « exil du cahot »?
Chaos, cahot, cahin, caha, chaotiquement, parfois… s’y mêlent le pincement au cœur à chaque fois qu’on pense au départ, à l’abandon, et les perspectives nouvelles qui s’ouvrent. On est tenus (contraints, oui, mais aussi « tenus debout ») par un calendrier de choses à faire: démarches administratives (inscriptions à l’école, au lycée, recherche d’un travail…), préparation de listes d’affaires, mise en place du déménagement (trouver un véhicule pour effectuer le transport de nos effets personnels), et préparation « intellectuelle » (travail en français pour Christos -il lui est difficile de s’y mettre, Athanase et Cécilia).

Comment réagit ton fils Athanase de 11 ans par rapport à ce départ ?
Il se projette peu dans l’avenir dès que c’est un peu lointain… du coup, il est difficile de savoir vraiment ce qu’il ressent. Il s’est mis volontiers à l’entraînement à la lecture (en français). Il est très fort dans le moment présent, intéressé et ouvert à ce qui se passe autour de lui (il est très réceptif à ce qu’il entend, de nous, et ailleurs, sur la crise et ses effets); tant qu’il se sent en sécurité (affective, surtout), il est « partant »

Ta fille Cécilia de 16 ans ?
Cécilia est beaucoup plus inquiète de ce qui pourrait constituer des difficultés pour elle: le départ, d’abord, qui signifie l’éloignement de leur père, Spyros. Puis les difficultés d’adaptation au lycée: trouver de nouveaux amis, ne pas perdre les repères dont elle a grand besoin pour bien évoluer dans sa vie.

Quelles sont les difficultés que va rencontrer ton compagnon, Christos ?(réponses de Christos)
La langue (il ne parle pas français, pour le moment; notre langue, à la maison, est le grec, y compris avec les enfants, qui sont tous deux bilingues), le changement d’environnement (et de qualité de la vie: soleil, couleurs de la Grèce… vs la France du Centre), perdre la facilité de mouvement et de vie ici, même pour les choses les plus simples, le cercle d’amis à reconstruire, ailleurs, avec une mentalité fort différente…

Quels seront vos revenus lors de votre arrivée en France ?
… avant que je ne trouve un travail, ce à quoi j’espère arriver rapidement…? Eh bien, les allocations familiales… l’allocation chômage pour moi (normalement j’y aurai droit par transfert, mais le montant sera celui des allocs grecques: 400 euros), et l’aide des « solidaires français » qui continuera peut-être un peu, le temps qu’on se pose. Les traductions, que j’effectue en plus de mon travail salarié, seront les bienvenues, mais trop aléatoires pour en faire un revenu sur lequel on puisse compter.

As-tu déjà travaillé en France ? Que penses-tu faire ?
Je me suis installée en Grèce à 21 ans, juste après une licence de sociologie. J’ai donc effectué tout mon parcours professionnel en Grèce (mis à part des petits boulots, en tant qu’étudiante, et beaucoup de baby sitting depuis le collège).
Je compte chercher, pour commencer, en intérim, dans le domaine de l’assistanat commercial-logistique (c’est ce que je fais depuis 6 ans ici). Plus tard, j’aimerais reprendre lien avec l’enseignement du français Langue Etrangère (ma seconde formation), et compte conserver les traductions… pour autant qu’il y ait du travail.
Christos pense pouvoir, après habilitation et à condition de maîtriser un minimum le français, travailler comme électricien (sa formation de base), manoeuvre (ça lui fait envie, si si).

Quels sont les réseaux de solidarité qui se mettent en place – en dehors de ta famille – ?
Le principal réseau, qui nous soutient financièrement tous les mois depuis deux ans, grâce aux contributions de « solidaires anonymes », s’est construit autour d’un oncle, mais comprend sûrement des gens venus d’un peu partout, amis, ou connaissances sensibilisés…
Nous avons été surpris et émus par la qualité de l’accueil que nous ont réservé de nombreuses personnes, y compris certaines que nous ne connaissions pas du tout, dès qu’on racontait un peu l’histoire de notre départ.
J’ai eu aussi des marques de solidarité très fortes de la part de certains « mediapartiens », après la publication de mon billet « exil du chaos » sur ce journal participatif; certains ont même proposé une aide pratique, en particulier pour mes enfants (pour la scolarisation). Je sais déjà que nous nouerons des liens d’amitié avec certains d’entre eux…

Bien que vous ne soyez pas pratiquants vous fêtez Pâque, votre dernière Pâque orthodoxe, cette fête si importante au coeur des grecs. Que représente cette fête en général et aujourd’hui ?
Pour les Grecs, Pâques est LA fête orthodoxe par excellence: comme à Noël chez les français, on se retrouve en famille, bien sûr; mais ici, on ajoute volontiers des amis, et même parfois des voisins: agneau à la broche, beaucoup, beaucoup à manger et à boire…
Pour nous (nous sommes tous deux athées), cette Pâque revêtait une importance toute particulière: c’était pour nous l’occasion (la dernière… avant longtemps, sans doute) de faire la fête avec nos amis (anciens et … nouveaux!) dans la maison, une belle façon, en somme, de lui dire au revoir…

Marie Laure est traductrice et est intervenue dans 2  émissions de France Inter et a publié une lettre

Un exceptionnel 1er mai

Michèle Parravicini a participé en Grèce le 1er mai 2013 à un exceptionnel jour de la fête du travail .

Exceptionnel car une vingtaine de français était sous la bannière du Front de Gauche malgré les vacances.

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Exceptionnel car Zoe Konstantopoulou, député du Syriza au parlement Grec et André Chassaigne, Président du Groupe de la Gauche Démocratique et Républicaine au Parlement Français étaient au coté de Michèle Parravicini.

1e maiExceptionnel car, cette année en Grèce, par décision récente du Gouvernement Grec, le premier mai aura lieu le 7 mai, mardi de Pâques…

Ainsi la majorité des nombreux grecs qui défilaient ce jour là étaient en grève.

Exceptionnel, non ?