Les élections sont-elles un piège à cons  (Mai 68) ?

par Basile Delivorias candidat du Front de Gauche aux élections consulaires

      Réflexions après avoir lu l’article du journaliste Tassos Papas, publié dans le Journal des rédacteurs [Εφημεριδα των Συντακτων ] sur le rôle et la signification des élections pour la Gauche. J’ai ajouté des éléments  pour faire comprendre aux camarades cette discussion cruciale quant aux prochaines élections européennes. Cet article analyse la position du PC grec  très agressif envers Syriza au point de provoquer les applaudissements de l’extrême droite du gouvernement [Adonis Georgiadis, ministre de la santé],

          Un parti de gauche comme le Syriza dont le programme radical revendique la direction d’un pays (la Grèce, en Europe ce n’est pas souvent le cas), est invité à se battre et à affronter la question classique : Est-il possible, à travers des élections ou avec des élections  de changer la société d’une façon radicale ?

         Cette discussion commence, on peut dire, avec l’aphorisme suivant :si les élections pouvaient changer quelque chose, alors elles auraient été interdites depuis longtemps par les capitalistes.

         En continuant la discussion, nous rencontrons le fameux slogan de Mai 68 : Élections = Piège à cons et en remontant dans le temps celui de la IIIe Internationale [Lénine, Trotski, Zinoviev, Staline] : Les travailleurs ne doivent pas se faire d’illusion sur le parlementarisme et pour en finir avec ce point, nous avons la logique social-démocrate qui proclame que la procédure électorale et la représentation au parlement bourgeois sont les principes de base inviolables de la démocratie bourgeoise parlementaire.

          La Gauche radicale contemporaine a pris ses distances par rapport au libéralisme (centre-droite, centre-gauche) qui est réconcilié avec la démocratie défaillanteactuelle où les citoyens sont seulement des électeurs et aussi par rapport au communisme libertaire qui croit qu’on peut changer la société sans prendre le pouvoir, en construisant seulement des îlots par-ci par-là indépendants avec des formes de pouvoir parallèle, et en finir ainsi avec la gauche communiste traditionnelle PCG [stalinienne] qui qualifie les élections comme un moyen d’une importance relative.

         Mais le parti participe aussi à d’autres institutions de l’état bourgeois sans illusion, ayant comme tâche principale son renforcement, pour pouvoir livrerbataille contre le capitalisme quand les conditions seront prêtes et que les masses populaires auront compris qu’il faut se mettre sous la direction du parti pour aller vers le socialisme.

          Pour la Gauche radicale (Syriza) dont le credo est la fameuse phrase de Poulantzas, que « le socialisme sera démocratique ou n’existera pas », l’approbation et le consentement de la société qui va sortir des urnes, comme aussi l’existence et la présence de forts mouvements de revendications qui auront un rôle actif dans la formation de la politique centrale sont des conditions sine qua non pour réussir une stratégie de rupture avec les structures capitalistes existantes et les mentalités dominantes. Cette association est, bien sûr, difficile, mais elle est indispensable.

         Les partis radicaux de gauche, qui vont assumer des responsabilités gouvernementales dans des conditions très difficiles étant donnée la crise profonde traverse l’économie en ruines, et qui rend le capitalisme très agressif (voir les événements en Ukraine), risquent de tomber dans un réformisme légalisé, (voir Chili Allende), conduisant soit à un coup d’État par des forces réactionnaires comme en Chili ou en Grèce en 1967, soit à une incorporation dans le système capitaliste ou dans un culte du volontarisme qui mène tout droit aux défaites écrasantes des partis communistes et de la gauche dans son ensemble.

          Une réponse à ce problème très complexe et dangereux pourrait être l’attente comme le prône le PC grec. Attendre jusqu’au moment où les conditions sociales seront prêtes et pendant ce temps, s’organiser, s’armer idéologiquement pour pouvoir affronter le moment crucial de la prise du pouvoir.

          Le penseur français Alain Badiou, très populaire en Grèce,  soutient avec beaucoup de force on peut dire cette idée : « Il est indispensable, absolument indispensable de s’éloigner pendant une grande période de toute condescendance envers le pouvoir d’état, comme aussi de tout triomphalisme  qui se lie avec le culte du mouvement populaire. » Ce qui compte, c’est de travailler pour tisser des conditions, des conventions qui organisent la rencontre entre les masses populaires telles qu’elles sont aujourd’hui et l’idée communiste telle qu’elle était selon les intellectuels communistes.

                 Si on accepte cette logique qui est d’ailleurs la logique du PC et aussi de la gauche extra-parlementaire avec des variations, bien sûr, alors les travailleurs, les couches populaires écrasées par la crise économique n’ont rien à attendre d’une victoire de la gauche radicale c’est-à-dire de Syriza, pour leurs intérêts ou seulement une amélioration insignifiante au mieux, de leur situation économique. Alors il vaut mieux renforcer le PC ou les ultras révolutionnaires pour se préparer à la prise du pouvoir et au le socialisme.

          Par conséquent jusqu’au moment où le parti communiste se rencontrera avec les masses populaires et jusqu’au moment où les intellectuels de gauche élaboreront une nouvelle idée communiste [évidemment, parce que le régime stalinien a étécatastrophique pour les sociétés qui l’ont subi et aussi car l’idéal communiste a perdu sa force attractive, donc la classe ouvrière et ses alliés doivent attendre et résister, bien sûr, mais il faut attendre]…

          Cependant jusqu’à ce qu’on arrive à cet heureux résultat, les partis politiques du système capitaliste que ce soit le centre-droite, le centre-gauche, ladroite pure ou l’extrême droite, continuent à détruire des sections et des secteurs entiers de la production affirmant qu’ils ne sont pas rentables. Ils annulent une par une toutes les conquêtes du mouvement ouvrier, ils organisent tous les mécanismes de redistribution des revenus en transférant la richesse aux plus forts, ils réduisent les dépenses publiques, ils détruisent l’état le tissu social, ils sauvent les banques et les entreprises de pointe ruinées par eux avec de l’argent public, ils élargissent le travail précaire et mal payé, ils imposent la peur et la morale de culpabilisation (« nous sommes tous corrompus, nous avons tous mangé ensemble l’argent public » dixit le ministre grec ora Pagalos), ils renforcent la répression au nom de la sécurité et de la stabilité politique, ils produisent des hommes endettés et désespérés, ils abrutissent les masses populaires à travers des mécanismes idéologiques basés sur l’industrie des media qu’ils contrôlent totalement.

          On pourrait dire que plus on fait de la répression mieux ce sera pour le mouvement parce que ainsi les masses pourront comprendre plus vite et réagir massivement.

         Nous savons tous très bien que les choses ne se développent pas comme nous l’imaginons, elles peuvent être pire que ça : si on considère l’Ukraine, il faut se souvenir  que la IIe guerre mondiale a commencé avec la victoire aux élections des fascistes de Hitler en Allemagne.

         Moins de démocratie et plus de répression avec peut-être le terrorisme comme prétexte sont toujours les objectifs du libéralisme contemporain. Pour vaincre le libéralisme, forme politique privilégiée du capitalisme contemporain dirigeant l’Europe depuis très longtemps, lui opposer une résistance forte et héroïque ne suffit pas, il faut aussi des victoires électorales pour l’affaiblir et pour pouvoir mener  des batailles sur des nouvelles positions car pour gagner la guerre contre le capitalisme il faut gagner plusieurs batailles auparavant.

         L’ère des révolutions comme la révolution d’Octobre ou la Commune de Paris ou la LongueMarche de Mao Tse Toung est passée. Nous sommes aujourd’hui dans des conditions nouvelles où l’effondrement du camp socialiste et du fascisme stalinien ont marqué pour longtemps notre époque. Je crois que la lutte pour le socialisme passe à travers la lutte pour la démocratie. La bataille contre l’austérité imposée par les employés du grand capital banquier, que ce soit Merckel, Hollande, Obama, Rentsi etc… doit être  une bataille pour la démocratie, une bataille pour le socialisme, une bataille pour renverser le capitalisme et sauver ainsi l’Humanité et la planète de la catastrophe qui arrive au galop.

          Il faut absolument que tous et toutes nous participions aux élections et que nous fassions participer tous ceuxqui hésitent, car c’est une bataille très décisive pour notre avenir et pour l’avenir de nos enfants.

            Votez Front de Gauche,  votez Syriza

10 raisons pour voter Front de gauche aux élections européennes … et consulaires

Vangelis GOULAS

Le 25 mai, le peuple va enfin pouvoir dire son mot sur les politiques européennes à l’occasion de l’élection du Parlement européen. C’est un vote essentiel car l’Union européenne est en train d’imposer partout des politiques d’austérité avec des conditions dramatiques pour les populations. Les compétences du Parlement européen couvrent de nombreux domaines, il pourrait même bloquer une directive (une loi européenne) contre l’avis du Conseil européen (qui rassemble les représentants des gouvernements). Si des domaines importants lui échappent, comme par exemple la fiscalité ou la politique monétaire, il élit le président de la Commission européenne, le choix des autres membres de la Commission étant soumis à son approbation, et il peut censurer la Commission qui doit alors démissionner. Il faut élire dans ce Parlement un maximum de députés porteurs d’un autre avenir que l’austérité à perpétuité à l’opposé de ce qui est aujourd’hui défendu par la droite et les partis se réclamant de la social-démocratie. Les députés européens du Front de gauche ont été porteurs dans le Parlement européen, au sein du groupe de la Gauche unie européenne – Gauche verte Nordique (GUE-NGL), de propositions alternatives et sont intervenus en appui aux luttes.

1. Refusons l’Europe de l’austérité

Les peuples d’Europe subissent la crise mondiale du capitalisme financiarisé. Le chômage et la pauvreté explosent, en particulier chez les femmes et les jeunes. La stagnation économique s’installe et la déflation menace. Les dogmes ultralibéraux, les traités européens et ceux qui les défendent encore sont lourdement responsables de la crise en Europe. Hélas ils s’enferrent dans les politiques qui ont échoué. En France, François Hollande a trahi ses engagements et ceux qui lui ont fait confiance en 2012. Il est désormais l’allié de Merkel et de la droite européenne, du MEDEF et des marchés. Ces politiques d’austérité font aujourd’hui l’objet d’un rejet massif des peuples. Des millions de femmes et d’hommes se mobilisent contre ces choix qui dégradent leurs conditions de vie et de travail, qui attaquent leurs droits sociaux et politiques. Il faudra que cette colère s’exprime, il faudra que de cette colère puisse émerger un espoir, celui de celles et ceux qui n’ont pas renoncé au changement et au progrès humain. Avec nos bulletins de vote nous avons le devoir de ne pas laisser faire et d’ouvrir un autre chemin.

2. Refusons une Europe qui bafoue la démocratie

Les gouvernements n’ont pas cessé de bafouer la souveraineté populaire, tant au niveau national – par exemple en refusant de tenir compte du vote non au Traité constitutionnel européen en 2005 – qu’au niveau européen. Leur objectif est de se mettre à l’abri de de la souveraineté populaire, d’empêcher tout débat démocratique réel et d’exclure le plus possible l’intervention citoyenne dans la sphère économique. Ce processus s’est accéléré récemment avec l’adoption du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro que François Hollande s’est refusé à renégocier malgré sa promesse. Un fédéralisme autoritaire qui tient les peuples le plus possible à distance se met ainsi en place. Notre vote doit le refuser.

3. Refusons la loi de la finance et le libre échange destructeur

La résorption de la dette publique sert aujourd’hui de prétexte à mener des politiques d’austérité drastique. Les Etats sont obligés d’emprunter à des banques privées, à des taux qui peuvent aller jusqu’à 8 %, des sommes qu’elles empruntent aujourd’hui à 0,25 % à la Banque centrale européenne (BCE). La dette publique est sous l’emprise des marchés financiers qui peuvent spéculer en toute liberté. Les produits financiers toxiques et les opérations à hauts risques ne sont toujours pas interdits. Le libre-échange généralisé donne tout pouvoir aux firmes transnationales. Il est anti-écologique car il pousse à produire à l’autre bout du monde ce qui peut être produit plus près et à envoyer nos déchets toxiques vers les pays pauvres. Il organise un nivellement général par le bas des normes sociales et environnementales et la concurrence entre les salariés.

4. Refusons le dumping social et fiscal

Au lieu de promouvoir la solidarité entre les peuples, l’Europe actuelle est basée sur la concurrence entre les systèmes sociaux et fiscaux. Au nom d’une course sans fin à la compétitivité, le dumping social et fiscal est devenu la règle. Interdisant tout processus d’harmonisation sociale par le haut, les traités européens ne contiennent même pas le principe de non régression sociale qui protégerait les salariés en empêchant qu’un pays se voie imposer des normes européennes inférieures à ses normes nationales. Les inégalités salariales entre les femmes et les hommes s’aggravent, la précarité du travail se développe, les bas salaires tendent à devenir la règle et l’injustice fiscale s’installe pour le plus grand bénéfice des multinationales et des rentiers.

5. Refusons le grand marché transatlantique

Le grand marché transatlantique (GMT) est un projet d’accord de libre échange entre l’Union européenne et les États Unis, au service des grandes firmes transnationales. S’il devait être adopté, il destabiliserait nos industries, nos cultures, nos agricultures. Il permettrait l’arrivée en Europe de produits ne répondant pas à nos normes sociales ou environnementales. Le principe du recours à des tribunaux d’arbitrage privés, acté dans le mandat de négociations de la Commission européenne, est inadmissible. Ce mécanisme permettrait par exemple à une entreprise pétrolière de faire condamner la France parce qu’elle refuse l’exploitation des gaz de schiste ! Ce serait une remise en cause insupportable de la souveraineté populaire au profit du capital financier transnational.
Il faut rompre avec cette Europe là pour refonder une autre Europe solidaire et démocratique.

6. Désobéir aux traités européens et prendre des mesures unilatérales coopératives

Dans la situation actuelle, l’élargissement à 28 Etats membres rend quasiment impossible la modification des traités qui requiert l’unanimité des pays membres. Un seul pays pourrait bloquer tout progrès social ou écologique. Un gouvernement de gauche devrait donc assumer un rapport de force diplomatique, économique et politique pour s’opposer aux projets dangereux, ouvrir le débat sur des propositions alternatives et créer les chocs diplomatiques visant une remise à plat de la construction européenne. Nous essayerons d’obtenir une modification des règles actuelles. Si cela s’avère impossible, il faudra, avec tous les pays qui le souhaiteraient, désobéir aux règles européennes et prendre un certain nombre de mesures unilatérales en expliquant qu’elles ont vocation à être étendues à l’échelle européenne. Il s’agit de mesures unilatérales coopératives, en ce sens qu’elles ne sont dirigées contre aucun pays mais contre une logique économique et politique et que, plus le nombre de pays les adoptant est important, plus leur efficacité grandit. C’est donc au nom d’une autre conception de l’Europe qu’un gouvernement de gauche devrait mettre en œuvre des mesures qui rompent avec la construction actuelle de l’Europe.

7. Sortir la dette publique de l’emprise des marchés financiers pour relancer l’emploi et la transition écologique

Au niveau européen, nous proposons la tenue d’une conférence sur les dettes publiques qui aboutirait à l’annulation d’une grande part des dettes insoutenables des Etats membres. Si cette solution s’avère impossible, faute d’accord des gouvernements des autres pays, un gouvernement de gauche devrait prendre des mesures unilatérales : la dette publique ferait l’objet d’un audit citoyen qui pourrait déboucher sur un rééchelonnement, un moratoire ou une annulation. Au-delà, il faut un changement radical de politique monétaire. Il faut refonder l’euro pour en faire une monnaie au service des peuples. Il est indispensable que la BCE puisse prêter directement aux Etats et aux collectivités territoriales pour financer les éventuels déficits publics nécessaires aux besoins sociaux et à la transition écologique. Si les autres gouvernements s’y opposent, le gouvernement prendrait des mesures unilatérales.

8. Contrôler la finance et réguler les échanges

La finance doit être mise au pas. L’impunité, ça suffit ! Les produits financiers doivent être placés sous une surveillance stricte des pouvoirs publics afin qu’ils soient mis au service de la société et non l’inverse. Il faut en finir avec les produits spéculatifs. Les mouvements de capitaux entre l’Union européenne et le reste du monde doivent être contrôlés et réellement taxés. Les conglomérats bancaires doivent être brisés et une stricte séparation instaurée entre les banques de dépôt tournées vers le financement de l’économie et les banques d’affaires intervenant sur les marchés. L’activité de ces dernières doit être strictement encadrée afin qu’elles ne puissent pas perturber le bon fonctionnement de l’économie. Nous proposons la création d’une taxe couvrant toutes les transactions financières. Sans décision européenne, nous appliquerons ces mesures en France. Nous bloquerons tout mouvement de capitaux allant vers un paradis fiscal, y compris au sein de l’UE (Luxembourg, etc.). Loin de la logique patronale de la « compétitivité » qui veut exporter à tout prix, nous favorisons la demande interne. La finalité de la production doit être la satisfaction des besoins. Pour cela, nous appliquerons une taxe kilométrique au niveau national et européen et des visas sociaux et environnementaux aux frontières de l’Union européenne. Ces mesures favoriserons la relocalisation des activités et sont nécessaires au développement de circuit court de production et de consommation. Nous prônons une refondation de la Politique agricole commune (PAC) pour développer une agriculture écologique, paysanne, de proximité. Celle-ci devra favoriser le principe de souveraineté alimentaire.

9. Engager la transition écologique

La première nécessité de l’Humanité est la préservation de l’écosystème que nous avons en commun. Elle implique la mise en œuvre d’une planification écologique et impose l’application d’une « règle verte » pour solder la dette écologique. Nouvel outil de pilotage des politiques publiques, cette dernière permettra la transition vers un mode de développement qui ne consomme pas davantage de ressources que ce que la Terre peut renouveler chaque année. Cela implique également la mobilisation de budgets au niveau des pays européens pour accélérer la transition énergétique. Cela passe notamment par le développement accéléré des énergies renouvelables pour diminuer drastiquement les énergies productrices de gaz à effet de serre et un débat public national immédiat sur la politique énergétique en France et la place du nucléaire qui se terminera par un référendum. L’Europe doit se mobiliser dès maintenant pour la lutte contre le réchauffement climatique et obtenir, à Paris, en 2015, un accord juridiquement contraignant et différencié de réduction des émissions des gaz à effets de serre, concernant tous les grands pays émetteurs, qui limite le réchauffement au plus à 2°C, ainsi que la création des fonds financiers incontournables dédiés à l’accompagnement des pays du Sud, des pays les moins développés et des pays les plus fragilisés dans leur projet de développement.

10. Agir pour la paix, les droits et les libertés

Trop souvent, l’OTAN sert de prétexte pour contourner les décisions de l’ONU et s’affranchir du droit international. Nous prônons la sortie de la France de l’OTAN. Nous refusons le projet de bouclier anti-missile de l’OTAN en Europe. Nous mettrons en échec les accords qui livrent les données personnelles des citoyens européens au gouvernement des Etats-Unis sous couvert de lutte contre le terrorisme. Nous refusons le sort fait aux Rroms, érigés en boucs émissaires. Nous refusons cette Europe forteresse qui conduit à l’accumulation des naufragés et des cadavres à nos frontières. Nous supprimerons les zones de rétention administrative qui sont des zones de non droit. Nous renégocierons les accords de Schengen au profit d’une action résolue en faveur de politiques nouvelles de migrations internationales et de codéveloppement. Nous mobiliserons au niveau européen pour l’abrogation de la « directive de la honte » de 2008 qui banalise et généralise une politique d’internement et d’expulsion des migrants en Europe et refuserons de l’appliquer en France. L’Europe doit être laïque et garantir la liberté de conscience. C’est une condition pour garantir l’égalité des citoyennes et des citoyens quelles que soient leurs convictions philosophiques et religieuses. Nous nous prononçons pour une stricte séparation entre les Eglises et les institutions européennes. Nous nous opposerons au statut particulier des Eglises dans le cadre des consultations européennes et à tout financement public d’activité religieuse. L’Europe doit être un espace qui garantit l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines, et qui protège le droit fondamental des femmes de choisir d’avoir un enfant ou non. Le droit européen doit – face à la menace qui plane dans de nombreux pays – garantir l’accès de toutes à l’avortement. Nous sommes pour un principe de non régression et d’harmonisation des droits par le haut. Il faut garantir l’égalité professionnelle et salariale et notamment la revalorisation des métiers féminisés. La précarité de l’emploi doit être combattue notamment par l’interdiction du temps partiel imposé. Les services publics assurant l’autonomie des femmes, notamment les services publics de la petite enfance, de la santé et d’aide aux personnes dépendantes, doivent être développés et améliorés. La lutte contre les violences faites aux femmes doit être assortie de moyens financiers suffisants dans un but de prévention et de protection des femmes, et intégrer une véritable politique abolitionniste par rapport à la prostitution.

Appel de SYRIZA POUR LES ELECTIONS EUROPEENNES

Le 25 mai nous nous opposons à l’Europe réactionnaire.
Le 25 mai nous résistons aux politiques d’austérité et de destruction des politiques sociales.
Le 25 mai nous mettons les bases d’une autre Europe : sociale, solidaire, au service des travailleurs.


 
En Europe, depuis plusieurs années, les dirigeants ont décidé de sauver les banques au détriment des peuples européens. Sous l’autorité de l’Allemagne, ils se sont servi de la crise, créée par les banques et les marchés financiers, pour imposer la restructuration néolibérale des sociétés européennes : les Mémorandums de « dévaluation interne » et les règles de gouvernance économique qui leurs sont associées ont institutionnalisé des politiques austéritaires et affaibli la démocratie.
L’Europe d’aujourd’hui se construit sur la base du consensus néolibéral entre les chrétiens-démocrates, les sociaux-démocrates et les libéraux. Le directoire de Bruxelles et de Francfort, fidèle à la politique d’austérité, distribue les richesses et les pouvoirs à une minorité, tandis que le plus grand nombre souffre sous le poids du chômage, de la pauvreté, du travail précaire, de la dissolution de l’Etat social, du rétrécissement – jusqu’à disparition – de leurs droits sociaux. Les inégalités s’élargissent constamment non seulement entre les Etats membres mais aussi entre les citoyens de chaque Etat. Les idées de la civilisation européenne, des lumières, du progrès, de la tolérance sont marginalisés, laissant le champ libre à la régression, aux nationalismes et au racisme. Nous assistons à l’étranglement de la démocratie au sein d’une Europe forteresse et guerrière qui n’hésite pas à soutenir même des politiciens néonazis comme en Ukraine.
Cette Europe-là nous ne la reconnaissons pas. Nous n’en voulons pas !
Peuples européens, luttons tous ensemble pour sa refondation ! Revendiquons une Europe de justice sociale, de solidarité, de dignité des travailleurs, de démocratie, d’écologie, de paix. 
–   Luttons pour le renversement des principes néolibéraux actuels de l’euro.
–  Luttons pour l’établissement d’une  Charte des droits fondamentaux qui imposera à tout état membre le respect des droits fondamentaux de ses citoyens.
–   Luttons contre l’Europe forteresse.
Le changement que nous revendiquons est réaliste et possible.
L’alternative n’est pas une utopie. C’est le réalisme qui impose une sortie viable de la crise décidée dans le cadre d’une Conférence européenne de la dette. Solidarité et justice sociale sont les principes qui doivent guider toute décision. L’Europe qui trace la voie du socialisme du XXIe siècle. Telle est notre vision.
EN GRECE, EN FRANCE ET DANS TOUTE L’EUROPE
Les travailleurs Grecs vivent l’attaque la plus virulente du gouvernement du capital et de la Troïka contre le monde du travail. Le cycle de mesures anti-ouvrières impopulaires continue. Une nouvelle série de lois qui dévastent nos vies a été adoptée. Elles augmenteront encore plus le chômage avec le licenciement de milliers de fonctionnaires, l’abandon de biens publics sociaux, de l’éducation, de la santé  des affaires sociales à des entrepreneurs privés, tout en continuant de voler et de piller les faibles revenus des familles pauvres par la hausse de l’imposition.
En Grèce, les élections européennes sont un référendumPour ou contre les mémorandums? Pour ou contre la Troïka? Pour ou contre l’inhumaine austérité? C’est le pas décisif vers le renversement politique qui seul permettra notre survie nationale et sociale.
En France, faisons les élections européennes un barrage à la poursuite européenne des politiques austéritaires, antisociales et inefficaces. Envoyons un message fort à ce président « socialiste » qui pratique le néolibéralisme.
Elu pour arrêter les politiques de Sarkozy, François Holland s’est rendu complice des fermetures d’usines, des licenciements et de la poursuite de l’augmentation du chômage. Fidèle à la même orientation néolibérale, antisociale et xénophobe, le nouveau gouvernement Valls appliquera avec plus de férocité l’austérité, la politique qui sert les intérêts de la classe dominante. Les gouvernements « socialistes » procèdent à des coupes budgétaires de 50 milliards d’euros pour la période 2015 – 2017, tout en accumulant les cadeaux fiscaux au patronat. Le pacte de responsabilité – véritable cadeaux au Medef de 35 milliards à travers les exonérations de cotisations sociales patronales pour les entreprises, sans contrepartie – est un pas supplémentaire vers le désastre néolibéral. Quant au pacte de solidarité, qui prévoit des baisses de cotisations sociales pour les salariés, il ne répond pas aux besoins impératifs de restauration du pouvoir d’achat des salariés et d’augmentation de leurs salaires.
Le vrai problème, c’est le coût du capital. Ils nous imposent l’austérité tandis que les actionnaires augmentent leurs profits : les entreprises françaises distribuent aujourd’hui 7 fois plus de dividendes qu’il y a 20 ans !
AVEC LE PEUPLE GREC EN TÊTE DE LA LUTTE, NOUS VOTONS AUSSI POUR UNE AUTRE EUROPE
Le regard de l’Europe est encore une fois tourné vers la Grèce et aussi vers SYRIZA. Car notre pays est utilisé actuellement comme « cobaye » pour expérimenter les seuils de tolérance d’un peuple avant d’appliquer ce modèle catastrophique de dégradation des conditions de vie à l’Europe entière. C’est pour cela aussi que le parti SYRIZA est devenu un symbole. Nous sommes porteurs de l’espoir et symbole d’une lutte qui dépasse nos frontières.
C’est pour cela que la Gauche européenne a élu comme candidat à la présidence de la Commission, le président de SYRIZA, Alexis Tsipras. Sa candidature est avant tout la preuve de la reconnaissance de l’importance de la victoire de SYRIZA non seulement pour la Grèce mais pour toute l’Europe. La victoire de SYRIZA agira comme un catalyseur pour la suite des événements politiques, en déclenchant les ruptures nécessaires avec le passé, en établissant de nouveaux rapports de force politiques en Europe.
Le 25 mai, ouvrons la voie à notre propre Europe. Avec SYRIZA en Grèce, avec le Front de Gauche en France, avec les partis de la Gauche Européenne partout en Europe :
-Nous luttons pour le respect de notre dignité dans le cadre du travail, pour l’égalité et la solidarité entre les peuples, pour le progrès de la culture et de la créativité, pour une croissance et un redressement productif qui s’appuient sur les ressources potentielles de chaque région et non sur la dévalorisation des salariés.
-Les laisserons-nous continuer leur politique qui détruit le pays et ses hommes ou clamerons-nous «maintenant ça suffit» ?
Nous pouvons et nous devons vaincre.
Peuples d’Europe, unissez-vous! Pour regagner notre dignité ! Pour la Démocratie !

1er Mai 2014, nous vaincrons !

Le 1er mai, nous commémorons la grève sanglante du 3 mai 1886 aux usines McCormick de Chicago (USA), pour l’instauration de la journée de huit heures, et le meeting de protestation qui s’ensuivit le lendemain à Haymarket au cours duquel une bombe tua huit policiers. Huit « anarchistes » furent arrêtés, quatre furent pendus le 11 novembre 1887, avant d’être innocentés puis réhabilités publiquement en 1893.

Les martyrs de Chicago vont faire du 1er mai un symbole de lutte des classes et d’identité du monde ouvrier à partir du congrès socialiste international de Paris de 1889 : il s’agissait de fonder en actes le projet d’une société émancipée, libérée du travail contraint. Alternant les hauts et les bas au fil des années, ce symbole sera à l’origine des lois sur le repos hebdomadaire en 1906 et des huit heures en 1919, avant de se banaliser après être devenu en 1947 un jour chômé et rémunéré.

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Ce 1er mai 2014, nous serons dans la rue  pour protester énergiquement contre la politique d’austérité adoptée à l’encontre du peuple français et de ses travailleurs. En effet avec ce plan de misère, nous sommes tous touchés de plein fouet avec les mêmes effets désastreux que subissent aujourd’hui tous les pays d’Europe. L’Union Européenne est devenue l’internationale du libéralisme économique le plus sauvage, il s’agit d’un retour sans précédent au capitalisme du XIXème siècle.

Nous affirmons haut et fort qu’une autre alternative est possible, que le libéralisme n’est pas une fatalité et que nous pouvons le vaincre. C’est pour cela que nous serons dans la rue :  un autre monde est possible.

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Nous disons NON à la TROÏKA,

Nous dénonçons la misère et la pauvreté comme choix politique du gouvernement d’Hollande, 

d’après Front de Gauche Latino