Reconnaissance des diplômes, où en est-on?

Article du Petit Journal Tel-Aviv
Le Collectif Franco-Israélien vient d’organiser, le 25 Avril 2013, une vidéoconférence de coordination Franco-Israélienne entre les Ministères Français et Israéliens concernés sur la reconnaissance des diplômes français en Israël, avec comme facilitateurs les membres du Collectif Franco-Israélien et d’autres associations impliquées. L’occasion de faire le point sur cette épineuse question.

La vidéoconférence du 25 avril dernier – Photo : DR

La reconnaissance des diplômes paramédicaux  

En France, ces diplômes  ne sont ni des Licences, ni des Masters mais des diplômes d’Etat. Ils sont donc hors du système européen LMD et il est donc impossible pour les Français titulaires de ces diplômes d’Etat d’exercer en Israël car Israël exige la détention d’une Licence ou d’un Master. La France est bien en train d’intégrer les diplômes d’Etats au sein du système LMD, mais ce n’est pas encore pour demain ! (2018 pour les orthophonistes par exemple).

Israël souhaite donc que les Français suivent des formations complémentaires pour pouvoir ensuite exercer dans le pays. Avant la mise en place de ces formations, les ministères israéliens de la Santé et de l’Education veulent évaluer la formation des Français. A l’issue de la vidéoconférence, le ministère français de la Santé s’est alors engagé à délivrer des maquettes explicatives en anglais, voire à nommer un intermédiaire chargé d’aider à l’évaluation des formations françaises.

Les étudiants médecins 

Là encore, les divergences entre formations françaises et israéliennes sont au désavantage des étudiants français. En Israël, il est impératif de détenir un diplôme accordant le titre de médecin pour entamer une spécialisation, alors qu’en France les étudiants ne reçoivent qu’un diplôme informatif à la fin de leur formation généraliste. Ils sont donc dans l’incapacité de commencer une spécialité dans une université israélienne car ils n’ont pas de titre de médecin. Sur ce point, c’est aux autorités israéliennes seules que revient la décision d’accepter ou non des étudiants médecins français. Le ministère de la Santé s’est néanmoins engagé à leur transmettre un exemplaire du diplôme informatif français pour que son contenu soit évalué.

Le Supplément au diplôme  

Ce document de quelques pages est comme un « permis de conduire international de l’éducation », qui contient toutes les informations nécessaires pour qu’un diplôme français soit reconnu à l’étranger. Il est crucial pour les nombreux étudiants français qui détiennent des diplômes que ne sont pas à proprement parler des Licences, Masters ou Doctorats. C’est le cas notamment des étudiants de Grandes Ecoles, des écoles d’ingénieurs ou encore d’architecture. Cela concerne aussi les Diplômes d’Universités (DU).

Techniquement, la délivrance du Supplément au Diplôme devrait être automatique en vertu d’une directive européenne. Mais en pratique, c’est loin d’être toujours le cas : aujourd’hui, 85% des universités le délivre, et pas toujours de façon systématique. Pourquoi ne sont-ils pas délivrés partout et automatiquement ? Le Ministère français de l’Education et de la Recherche a reconnu sa difficulté à faire appliquer cette mesure aux universités tout simplement du fait de l’autonomisation croissantes des universités françaises, ce qui amoindrit son autorité. Et sans ce document, la valorisation de ce type de diplômes à l’étranger et longue et couteuse pour le diplômé.

Afin d’aider les autorités israéliennes à reconnaître ces diplômes particuliers, le centre ENIC-NARIC français va désormais transmettre à son homologue israélien une liste consolidée de tous les diplômes français équivalents aux différents grades du système LMD, ce qui facilitera le travail de l’ENIC-NARIC israélien pour les valider.

Et pour encourager les universités françaises à se mettre en conformité avec cette directive européenne et normaliser la délivrance du Supplément au Diplôme, les associations impliquées ont rappelé l’importance d’agir à l’échelon politique et aussi d’intervenir au niveau de la Conférence des Présidents d’Universités. En ce sens, Le Collectif Franco-Israélien a immédiatement approché la CPU, dont la réaction a été immédiate : la présidence de la CPU considère que la valorisation internationale des diplômes universitaires français à l’international est cruciale et va soulever la question lors de son Colloque Annuel organisé la semaine prochaine (15-16-17 mai 2013) à Rennes et lors des discussions de la prochaine commission des relations internationales de la CPU, en juin 2013.

A l’occasion d’un colloque organisé à l’Université de Tel-Aviv lundi 6 mai, Christophe-André Frassa, Sénateur représentant les Français établis hors de France, s’est exprimé à ce sujet. Selon le Sénateur, la France a pris beaucoup de retard dans l’application de la réforme LMD parce qu’elle reste persuadée de la qualité de son propre système éducatif. Du côté israélien, il n’y a pas vraiment de volonté de rentrer dans les détails des formations françaises pour les reconnaitre. Il s’agit alors de « trouver un point de convergence entre les deux pays » pour une meilleure compréhension globale.

Et comme Ezra Banoun (Secrétaire Général de l’AAEGE Israël) l’a rappelé, cette thématique est un effort de longue haleine, commencé il y a déjà dix ans. Un long chemin a déjà été parcouru et le dossier avance peu à peu. En 2003 par exemple, aucune Grande Ecole ne délivrait le Supplément au Diplôme. Depuis 2007, 90% d’entre elles le délivre. Il reconnait que le domaine de la santé reste encore un domaine où il est difficile d’avancer et beaucoup de points ne sont pas encore réglé, laissant de nombreux Franco-Israéliens dans l’impasse.

Le succès de la vidéoconférence du 25 avril et le tout nouvel appui de la présidence de la Conférence des Présidents d’Universités laisse présager de nouvelles avancées qui, on l’espère, permettront un meilleur accès au travail et aux universités des Français en Israël.

Justine SIMONIN (www.lepetitjournal.com/telaviv)

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Les positions du Front de Gauche sur l’enseignement

L’enseignement public est la victime des politiques libérales, or l’Etat doit assurer une politique de qualité pour l’ensemble des citoyens.

Pour le Front de Gauche, le diplôme et le haut niveau de qualification sont ce dont le pays a besoin pour maintenir son niveau de performance économique et répondre aux défis du futur et aux objectifs de la planification écologique.

L’éducation, transmission des savoirs doit permettre l’épanouissement et l’émancipation de tout individu, doit permettre aux élèves de s’élever intellectuellement et humainement afin de devenir un citoyen éclairé, savant et ouvert sur le monde.

Une méthodologie rigoureuse de l’enseignant doit permettre à  l’élève l’apprentissage de l’autonomie, la socialisation et le développement d’un esprit critique.

Enseigner est un métier et comme tout métier cela s’apprend. Les décrets du 28 juillet 2009 conduit tout néo-professeur à assumer, sans formation, un service d’enseignement à temps complet, juste après les concours. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Il faut donc rétablir une formation digne de ce nom, permettant au système français de redevenir le modèle qu’il a longtemps été.

La dégradation générale de l’enseignement a aussi des répercutions sur l’ensemble du tissu scientifique et en particulier sur notre recherche de pointe.

L’évaluation des enseignants traduit les évolutions que le gouvernement veut imposer à l’école : faire de l’établissement une entreprise managée par un patron plus soucieux de l’état de ses finances que des missions de services publics ; Le Front de Gauche veut redonner à l’inspection générale sont rôle majeur : au service de la pédagogie et des enseignants sur le terrain de façon régulière.

Le Front de Gauche est favorable :

– à la conservation du statut de fonctionnaire qui permet la liberté pédagogique et l’égale qualité du service public sur tout le territoire

– un recrutement en nombre suffisant des enseignants et des personnels d’éducation afin que chaque élève puisse bénéficier d’un suivi individuel et approfondi garanti par une diminution réelle des effectifs par classe. L’école publique doit mettre en place un système de soutien scolaire (en particulier au niveau primaire où sont jouées les inégalités souvent constatées plus tard)  pour pallier les difficultés que rencontrent certains élèves.

– à la conservation des concours nationaux et disciplinaires qui sont la garantie de l’égalité républicaine et l’anonymat et leur caractère national

– à une augmentation du budget du Ministère de l’éducation nationale : passer de 5.6% à 7% du PIB et en particulier une augmentation de l’Etat dans l’enseignement professionnel

– à l’augmentation du salaire des fonctionnaires en revalorisant le point d’indice (depuis 1984, les fonctionnaires ont perdu 20% de leur pouvoir d’achat)

– à une titularisation des personnels précaires

– à un renforcement de la médecine du travail pour garantir à tous les enseignants de pouvoir y accéder.

– à une revalorisation du rôle des conseillers d’orientation, revalorisation indispensable pour lutter contre l’échec

– à une révision de l’enseignement supérieur devant conduire :

– à une réhabilitation des filières techniques et professionnelles de très haut niveau (attractivité des écoles d’ingénieurs) et des carrières d’enseignant-chercheur.
– à une lutte contre l’échec du premier cycle universitaire (avoisinant les 90%).
– à la création d’une allocation pour que les étudiants n’aient pas à travailler en parallèle (une des sources de cet échec).
– à une orientation mieux ciblée, n’entraînant pas l’inscription massive à l’Université des étudiants refusés en IUT, BTS, etc.

Le Front de Gauche est opposé :

– au recrutement des professeurs par les établissements eux-mêmes, sur la base d’un entretien.

– à l’autonomie des établissements secondaires fourrier de la marchandisation libérale du système scolaire.

– à la LRU qui amplifie les inégalités entre les Universités.

Nous souhaitons une remise à plat de l’Education Nationale, afin de réaliser un enseignement de qualité grâce à des concertations avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative, les élèves, les étudiants, les parents, etc. Nos objectifs sont ceux de l’égalité, l’épanouissement, l’émancipation. Nous refusons ceux qui se basent sur la rentabilité, la productivité.

Michèle PARRAVICINI

Enseignante au Lycée Franco-Hellénique, d’Athènes