Les élections sont-elles un piège à cons  (Mai 68) ?

par Basile Delivorias candidat du Front de Gauche aux élections consulaires

      Réflexions après avoir lu l’article du journaliste Tassos Papas, publié dans le Journal des rédacteurs [Εφημεριδα των Συντακτων ] sur le rôle et la signification des élections pour la Gauche. J’ai ajouté des éléments  pour faire comprendre aux camarades cette discussion cruciale quant aux prochaines élections européennes. Cet article analyse la position du PC grec  très agressif envers Syriza au point de provoquer les applaudissements de l’extrême droite du gouvernement [Adonis Georgiadis, ministre de la santé],

          Un parti de gauche comme le Syriza dont le programme radical revendique la direction d’un pays (la Grèce, en Europe ce n’est pas souvent le cas), est invité à se battre et à affronter la question classique : Est-il possible, à travers des élections ou avec des élections  de changer la société d’une façon radicale ?

         Cette discussion commence, on peut dire, avec l’aphorisme suivant :si les élections pouvaient changer quelque chose, alors elles auraient été interdites depuis longtemps par les capitalistes.

         En continuant la discussion, nous rencontrons le fameux slogan de Mai 68 : Élections = Piège à cons et en remontant dans le temps celui de la IIIe Internationale [Lénine, Trotski, Zinoviev, Staline] : Les travailleurs ne doivent pas se faire d’illusion sur le parlementarisme et pour en finir avec ce point, nous avons la logique social-démocrate qui proclame que la procédure électorale et la représentation au parlement bourgeois sont les principes de base inviolables de la démocratie bourgeoise parlementaire.

          La Gauche radicale contemporaine a pris ses distances par rapport au libéralisme (centre-droite, centre-gauche) qui est réconcilié avec la démocratie défaillanteactuelle où les citoyens sont seulement des électeurs et aussi par rapport au communisme libertaire qui croit qu’on peut changer la société sans prendre le pouvoir, en construisant seulement des îlots par-ci par-là indépendants avec des formes de pouvoir parallèle, et en finir ainsi avec la gauche communiste traditionnelle PCG [stalinienne] qui qualifie les élections comme un moyen d’une importance relative.

         Mais le parti participe aussi à d’autres institutions de l’état bourgeois sans illusion, ayant comme tâche principale son renforcement, pour pouvoir livrerbataille contre le capitalisme quand les conditions seront prêtes et que les masses populaires auront compris qu’il faut se mettre sous la direction du parti pour aller vers le socialisme.

          Pour la Gauche radicale (Syriza) dont le credo est la fameuse phrase de Poulantzas, que « le socialisme sera démocratique ou n’existera pas », l’approbation et le consentement de la société qui va sortir des urnes, comme aussi l’existence et la présence de forts mouvements de revendications qui auront un rôle actif dans la formation de la politique centrale sont des conditions sine qua non pour réussir une stratégie de rupture avec les structures capitalistes existantes et les mentalités dominantes. Cette association est, bien sûr, difficile, mais elle est indispensable.

         Les partis radicaux de gauche, qui vont assumer des responsabilités gouvernementales dans des conditions très difficiles étant donnée la crise profonde traverse l’économie en ruines, et qui rend le capitalisme très agressif (voir les événements en Ukraine), risquent de tomber dans un réformisme légalisé, (voir Chili Allende), conduisant soit à un coup d’État par des forces réactionnaires comme en Chili ou en Grèce en 1967, soit à une incorporation dans le système capitaliste ou dans un culte du volontarisme qui mène tout droit aux défaites écrasantes des partis communistes et de la gauche dans son ensemble.

          Une réponse à ce problème très complexe et dangereux pourrait être l’attente comme le prône le PC grec. Attendre jusqu’au moment où les conditions sociales seront prêtes et pendant ce temps, s’organiser, s’armer idéologiquement pour pouvoir affronter le moment crucial de la prise du pouvoir.

          Le penseur français Alain Badiou, très populaire en Grèce,  soutient avec beaucoup de force on peut dire cette idée : « Il est indispensable, absolument indispensable de s’éloigner pendant une grande période de toute condescendance envers le pouvoir d’état, comme aussi de tout triomphalisme  qui se lie avec le culte du mouvement populaire. » Ce qui compte, c’est de travailler pour tisser des conditions, des conventions qui organisent la rencontre entre les masses populaires telles qu’elles sont aujourd’hui et l’idée communiste telle qu’elle était selon les intellectuels communistes.

                 Si on accepte cette logique qui est d’ailleurs la logique du PC et aussi de la gauche extra-parlementaire avec des variations, bien sûr, alors les travailleurs, les couches populaires écrasées par la crise économique n’ont rien à attendre d’une victoire de la gauche radicale c’est-à-dire de Syriza, pour leurs intérêts ou seulement une amélioration insignifiante au mieux, de leur situation économique. Alors il vaut mieux renforcer le PC ou les ultras révolutionnaires pour se préparer à la prise du pouvoir et au le socialisme.

          Par conséquent jusqu’au moment où le parti communiste se rencontrera avec les masses populaires et jusqu’au moment où les intellectuels de gauche élaboreront une nouvelle idée communiste [évidemment, parce que le régime stalinien a étécatastrophique pour les sociétés qui l’ont subi et aussi car l’idéal communiste a perdu sa force attractive, donc la classe ouvrière et ses alliés doivent attendre et résister, bien sûr, mais il faut attendre]…

          Cependant jusqu’à ce qu’on arrive à cet heureux résultat, les partis politiques du système capitaliste que ce soit le centre-droite, le centre-gauche, ladroite pure ou l’extrême droite, continuent à détruire des sections et des secteurs entiers de la production affirmant qu’ils ne sont pas rentables. Ils annulent une par une toutes les conquêtes du mouvement ouvrier, ils organisent tous les mécanismes de redistribution des revenus en transférant la richesse aux plus forts, ils réduisent les dépenses publiques, ils détruisent l’état le tissu social, ils sauvent les banques et les entreprises de pointe ruinées par eux avec de l’argent public, ils élargissent le travail précaire et mal payé, ils imposent la peur et la morale de culpabilisation (« nous sommes tous corrompus, nous avons tous mangé ensemble l’argent public » dixit le ministre grec ora Pagalos), ils renforcent la répression au nom de la sécurité et de la stabilité politique, ils produisent des hommes endettés et désespérés, ils abrutissent les masses populaires à travers des mécanismes idéologiques basés sur l’industrie des media qu’ils contrôlent totalement.

          On pourrait dire que plus on fait de la répression mieux ce sera pour le mouvement parce que ainsi les masses pourront comprendre plus vite et réagir massivement.

         Nous savons tous très bien que les choses ne se développent pas comme nous l’imaginons, elles peuvent être pire que ça : si on considère l’Ukraine, il faut se souvenir  que la IIe guerre mondiale a commencé avec la victoire aux élections des fascistes de Hitler en Allemagne.

         Moins de démocratie et plus de répression avec peut-être le terrorisme comme prétexte sont toujours les objectifs du libéralisme contemporain. Pour vaincre le libéralisme, forme politique privilégiée du capitalisme contemporain dirigeant l’Europe depuis très longtemps, lui opposer une résistance forte et héroïque ne suffit pas, il faut aussi des victoires électorales pour l’affaiblir et pour pouvoir mener  des batailles sur des nouvelles positions car pour gagner la guerre contre le capitalisme il faut gagner plusieurs batailles auparavant.

         L’ère des révolutions comme la révolution d’Octobre ou la Commune de Paris ou la LongueMarche de Mao Tse Toung est passée. Nous sommes aujourd’hui dans des conditions nouvelles où l’effondrement du camp socialiste et du fascisme stalinien ont marqué pour longtemps notre époque. Je crois que la lutte pour le socialisme passe à travers la lutte pour la démocratie. La bataille contre l’austérité imposée par les employés du grand capital banquier, que ce soit Merckel, Hollande, Obama, Rentsi etc… doit être  une bataille pour la démocratie, une bataille pour le socialisme, une bataille pour renverser le capitalisme et sauver ainsi l’Humanité et la planète de la catastrophe qui arrive au galop.

          Il faut absolument que tous et toutes nous participions aux élections et que nous fassions participer tous ceuxqui hésitent, car c’est une bataille très décisive pour notre avenir et pour l’avenir de nos enfants.

            Votez Front de Gauche,  votez Syriza

Publicités

Les Citoyens européens, face aux urnes

Annie Dransart-Hadjinotas, Enseignante retraitée binationale et bilingue, Citoyenne européenne résidant en Grèce

Les élections européennes approchent….elles dénotent l’inquiétude fébrile tant des gouvernants de la politique européenne que des citoyens convoqués aux urnes en mai 2014. En témoignent les appels à la solidarité, qui fusent de tous azimuts reflétant « la crise politico-économique et sociale dans laquelle est plongée l’Europe entière. Quel est donc l’avenir de cette Europe vacillante? Quel sera le sort de tous ses citoyens qui s’appauvrissent de jour en jour et sont convertis en « chômeurs à contrats indéterminés », au nom de la croissance, de la compétitivité et du profit? Le citoyen européen devra bientôt accomplir son devoir d’électeur par le choix d’une politique dont il est la victime et même l’exclu!

         Le dilemme du citoyen européen

Membre-résident ou bi-multinational suivant les circonstances, il détient aujourd’hui un rôle prépondérant sur la scène politique concernant l’Union européenne. Son vote est indispensable pour assurer la continuité et la survie de l’Europe. Toutefois, il se heurte à des conjonctures ambiguës et il se trouve dans l’impasse d’un choix politique.

         Opter pour une Europe de l’économie et de la finance, c’est accepter les lois     actuelles  du traité de Lisbonne qui soutient la croissance et l’économie de marché déjà en pleine course, aux dépens des acquis sociaux qui s’effritent progressivement : dévaluation de l’emploi, suppression des prestations sociales, restrictions de l’assurance médicale, dégradation de l’éducation etc.

La Démocratie, source de la pensée philosophique politique et sociale née dans l’Antiquité, agonise. Quels idéaux peut-on envisager si la raison du plus fort -aujourd’hui et demain- s’exprime au détriment de la liberté et de l’égalité, si les peuples sont réduits à l’esclavage?

          Opter pour une Europe sociale dans les circonstances actuelles, ne peut porter ses fruits qu’à long terme car cela nécessite une prise de conscience des gouvernements et la création d’un nouveau modèle  social et politique qui va à l’encontre de l’économie d’aujourd’hui, laquelle ne peut faire marche arrière dans l’immédiat, vu la conjoncture des accords internationaux et mondiaux.  La politique sociale dit de « l’humain » a donc essentiellement son objectif  dans le « temps futur » contrairement à la politique de marché qui s’exerce «  au temps présent »

           Opter pour l’abstention, c’est accepter l’impasse dans laquelle le citoyen est « traqué ». Pour certains, il s’agit d’une situation sans issue, pour d’autres  il s’agit d’un acte résigné affirmant un comportement de vaincu, d’abandonné à son sort, pour d’autres encore, l’abstention est un acte réfléchi de protestation. Il n’en reste pas moins que les répercussions en sont négatives, car elle élimine le citoyen de sa participation à un avenir qui pourrait être meilleur, elle l’exclut de ses droits d’égalité et de justice, elle le ramène à un statut de « hors la loi » et souvent à un comportement « d’assisté ». On peut comprendre alors la nécessité du Vote.

Pour « quoi » voter?

Le vote est un devoir et un droit de chaque citoyen. C’est un acte politique. Même le fait de se dire apolitique exprime un choix politique.

Le choix d’une politique sociale ou économique qui incombe aujourd’hui au citoyen européen et autre, est donc celui d’opter, soit pour une politique du présent (économie de marché), soit pour une politique du futur (démocratique et sociale). Dans les deux cas, le citoyen sait qu’il ne pourra récupérer ses acquis ni changer à «  court terme »  l’orientation actuelle politico-économique. Par contre, l’optique du « futur » peut l’inciter à reconstruire l’espoir d’un avenir meilleur, sinon pour lui, du moins pour les générations à venir. Faire abstraction de ses intérêts personnels, rejeter l’individualisme pour agir ensemble dans un but commun, c’est toute la signification du vote de demain.

Certains milieux politiques ont compris la nécessité d’une remise en question du modèle européen. Il incombe au citoyen de s’en informer afin de voter pour un moindre mal…

Conclusion

Avec les fêtes de fin d’année 2013 et l’émergence de 2014, le message des gouvernants et partis politiques a été clair. «  Redresser l’économie par la reprise de la croissance, sauver l’Europe de la faillite »…. Par contre, peu de souhaits pour les citoyens, excepté des « mea culpa » enrobés de promesses sans objectifs précis…et pour cause!  Nombre de cartes de vœux et gadgets de nouvel an représentaient un navire voguant sous pavillon de l’Europe unie, vers une destination inconnue. Si le capitaine de ce bateau symbolise la finance et les chefs de l’économie de marché, l’équipage, lui, symbolise les citoyens européens dont beaucoup ont péri dès la première étape du voyage. C’est donc aux survivants de s’accrocher pour changer d’itinéraire, à défaut de pouvoir changer, dans l’immédiat, de capitaine.

Et si rien n’est impossible en ce monde, tout peut devenir possible. Il suffit de le vouloir …et de s’entendre

 Athènes, le 30 mars 14

Appel de SYRIZA POUR LES ELECTIONS EUROPEENNES

Le 25 mai nous nous opposons à l’Europe réactionnaire.
Le 25 mai nous résistons aux politiques d’austérité et de destruction des politiques sociales.
Le 25 mai nous mettons les bases d’une autre Europe : sociale, solidaire, au service des travailleurs.


 
En Europe, depuis plusieurs années, les dirigeants ont décidé de sauver les banques au détriment des peuples européens. Sous l’autorité de l’Allemagne, ils se sont servi de la crise, créée par les banques et les marchés financiers, pour imposer la restructuration néolibérale des sociétés européennes : les Mémorandums de « dévaluation interne » et les règles de gouvernance économique qui leurs sont associées ont institutionnalisé des politiques austéritaires et affaibli la démocratie.
L’Europe d’aujourd’hui se construit sur la base du consensus néolibéral entre les chrétiens-démocrates, les sociaux-démocrates et les libéraux. Le directoire de Bruxelles et de Francfort, fidèle à la politique d’austérité, distribue les richesses et les pouvoirs à une minorité, tandis que le plus grand nombre souffre sous le poids du chômage, de la pauvreté, du travail précaire, de la dissolution de l’Etat social, du rétrécissement – jusqu’à disparition – de leurs droits sociaux. Les inégalités s’élargissent constamment non seulement entre les Etats membres mais aussi entre les citoyens de chaque Etat. Les idées de la civilisation européenne, des lumières, du progrès, de la tolérance sont marginalisés, laissant le champ libre à la régression, aux nationalismes et au racisme. Nous assistons à l’étranglement de la démocratie au sein d’une Europe forteresse et guerrière qui n’hésite pas à soutenir même des politiciens néonazis comme en Ukraine.
Cette Europe-là nous ne la reconnaissons pas. Nous n’en voulons pas !
Peuples européens, luttons tous ensemble pour sa refondation ! Revendiquons une Europe de justice sociale, de solidarité, de dignité des travailleurs, de démocratie, d’écologie, de paix. 
–   Luttons pour le renversement des principes néolibéraux actuels de l’euro.
–  Luttons pour l’établissement d’une  Charte des droits fondamentaux qui imposera à tout état membre le respect des droits fondamentaux de ses citoyens.
–   Luttons contre l’Europe forteresse.
Le changement que nous revendiquons est réaliste et possible.
L’alternative n’est pas une utopie. C’est le réalisme qui impose une sortie viable de la crise décidée dans le cadre d’une Conférence européenne de la dette. Solidarité et justice sociale sont les principes qui doivent guider toute décision. L’Europe qui trace la voie du socialisme du XXIe siècle. Telle est notre vision.
EN GRECE, EN FRANCE ET DANS TOUTE L’EUROPE
Les travailleurs Grecs vivent l’attaque la plus virulente du gouvernement du capital et de la Troïka contre le monde du travail. Le cycle de mesures anti-ouvrières impopulaires continue. Une nouvelle série de lois qui dévastent nos vies a été adoptée. Elles augmenteront encore plus le chômage avec le licenciement de milliers de fonctionnaires, l’abandon de biens publics sociaux, de l’éducation, de la santé  des affaires sociales à des entrepreneurs privés, tout en continuant de voler et de piller les faibles revenus des familles pauvres par la hausse de l’imposition.
En Grèce, les élections européennes sont un référendumPour ou contre les mémorandums? Pour ou contre la Troïka? Pour ou contre l’inhumaine austérité? C’est le pas décisif vers le renversement politique qui seul permettra notre survie nationale et sociale.
En France, faisons les élections européennes un barrage à la poursuite européenne des politiques austéritaires, antisociales et inefficaces. Envoyons un message fort à ce président « socialiste » qui pratique le néolibéralisme.
Elu pour arrêter les politiques de Sarkozy, François Holland s’est rendu complice des fermetures d’usines, des licenciements et de la poursuite de l’augmentation du chômage. Fidèle à la même orientation néolibérale, antisociale et xénophobe, le nouveau gouvernement Valls appliquera avec plus de férocité l’austérité, la politique qui sert les intérêts de la classe dominante. Les gouvernements « socialistes » procèdent à des coupes budgétaires de 50 milliards d’euros pour la période 2015 – 2017, tout en accumulant les cadeaux fiscaux au patronat. Le pacte de responsabilité – véritable cadeaux au Medef de 35 milliards à travers les exonérations de cotisations sociales patronales pour les entreprises, sans contrepartie – est un pas supplémentaire vers le désastre néolibéral. Quant au pacte de solidarité, qui prévoit des baisses de cotisations sociales pour les salariés, il ne répond pas aux besoins impératifs de restauration du pouvoir d’achat des salariés et d’augmentation de leurs salaires.
Le vrai problème, c’est le coût du capital. Ils nous imposent l’austérité tandis que les actionnaires augmentent leurs profits : les entreprises françaises distribuent aujourd’hui 7 fois plus de dividendes qu’il y a 20 ans !
AVEC LE PEUPLE GREC EN TÊTE DE LA LUTTE, NOUS VOTONS AUSSI POUR UNE AUTRE EUROPE
Le regard de l’Europe est encore une fois tourné vers la Grèce et aussi vers SYRIZA. Car notre pays est utilisé actuellement comme « cobaye » pour expérimenter les seuils de tolérance d’un peuple avant d’appliquer ce modèle catastrophique de dégradation des conditions de vie à l’Europe entière. C’est pour cela aussi que le parti SYRIZA est devenu un symbole. Nous sommes porteurs de l’espoir et symbole d’une lutte qui dépasse nos frontières.
C’est pour cela que la Gauche européenne a élu comme candidat à la présidence de la Commission, le président de SYRIZA, Alexis Tsipras. Sa candidature est avant tout la preuve de la reconnaissance de l’importance de la victoire de SYRIZA non seulement pour la Grèce mais pour toute l’Europe. La victoire de SYRIZA agira comme un catalyseur pour la suite des événements politiques, en déclenchant les ruptures nécessaires avec le passé, en établissant de nouveaux rapports de force politiques en Europe.
Le 25 mai, ouvrons la voie à notre propre Europe. Avec SYRIZA en Grèce, avec le Front de Gauche en France, avec les partis de la Gauche Européenne partout en Europe :
-Nous luttons pour le respect de notre dignité dans le cadre du travail, pour l’égalité et la solidarité entre les peuples, pour le progrès de la culture et de la créativité, pour une croissance et un redressement productif qui s’appuient sur les ressources potentielles de chaque région et non sur la dévalorisation des salariés.
-Les laisserons-nous continuer leur politique qui détruit le pays et ses hommes ou clamerons-nous «maintenant ça suffit» ?
Nous pouvons et nous devons vaincre.
Peuples d’Europe, unissez-vous! Pour regagner notre dignité ! Pour la Démocratie !

1er Mai 2014, nous vaincrons !

Le 1er mai, nous commémorons la grève sanglante du 3 mai 1886 aux usines McCormick de Chicago (USA), pour l’instauration de la journée de huit heures, et le meeting de protestation qui s’ensuivit le lendemain à Haymarket au cours duquel une bombe tua huit policiers. Huit « anarchistes » furent arrêtés, quatre furent pendus le 11 novembre 1887, avant d’être innocentés puis réhabilités publiquement en 1893.

Les martyrs de Chicago vont faire du 1er mai un symbole de lutte des classes et d’identité du monde ouvrier à partir du congrès socialiste international de Paris de 1889 : il s’agissait de fonder en actes le projet d’une société émancipée, libérée du travail contraint. Alternant les hauts et les bas au fil des années, ce symbole sera à l’origine des lois sur le repos hebdomadaire en 1906 et des huit heures en 1919, avant de se banaliser après être devenu en 1947 un jour chômé et rémunéré.

Image

Ce 1er mai 2014, nous serons dans la rue  pour protester énergiquement contre la politique d’austérité adoptée à l’encontre du peuple français et de ses travailleurs. En effet avec ce plan de misère, nous sommes tous touchés de plein fouet avec les mêmes effets désastreux que subissent aujourd’hui tous les pays d’Europe. L’Union Européenne est devenue l’internationale du libéralisme économique le plus sauvage, il s’agit d’un retour sans précédent au capitalisme du XIXème siècle.

Nous affirmons haut et fort qu’une autre alternative est possible, que le libéralisme n’est pas une fatalité et que nous pouvons le vaincre. C’est pour cela que nous serons dans la rue :  un autre monde est possible.

Image

Nous disons NON à la TROÏKA,

Nous dénonçons la misère et la pauvreté comme choix politique du gouvernement d’Hollande, 

d’après Front de Gauche Latino

 

Être bi-national(e) en Grèce

Drapeau franco-grecEtre bi-national(e), signifie-t-il obligatoirement posséder deux nationalités, deux identités?

Le mot «  bi-national » répond en partie à la question puisqu’il signifie « national » deux fois et que l’identité, dans ce cas, se définit par rapport aux deux nationalités, soient celle d’origine qui se rattache au sol et à la langue d’une communauté, puis celle du pays d’adoption qui est acquise sur demande de l’intéressé(e) résidant à l’Etranger et voulant exercer ses devoirs de bi-citoyen(ne).

Qu’est-ce que cela implique par rapport au pays d’origine et au pays d’accueil?

Contrairement au « national » qui est un expatrié « à court terme » et qui subit une expatriation provisoire avec possibilité de retour en France, le bi-national est un expatrié «  à long terme » ou de résidence définitive et qui, conditionné par les liens affectifs et professionnels, n’a pas la perspective de rapatriement. Il en résulte que le bi-national se constitue une deuxième identité par l’acquisition de la langue et de la culture du pays d’accueil qui devient son pays d’adoption, y exerçant ses droits et ses devoirs civiques définis par la nouvelle communauté.

Qu’inspire le Binational aux Nationaux du pays d’accueil et du pays d’origine? Une différence est-elle ressentie?

Ma réponse est fonction de ma longue expérience de Binationale en Grèce mais ne peut  faire l’objet d’une généralisation.

A priori, il semble que les nationaux considèrent les binationaux comme étant favorisés par les avantages qu’offre la bi-citoyenneté : double passeport ou carte d’identité, résidence fixe dans un pays agréable à vivre par son climat, ses rivages, son histoire, mode de vie s’appuyant sur un permissisme envié par beaucoup, bien que vivement critiqué, etc. Toutefois la métamorphose du binational, se faisant au gré de son insertion dans le nouveau pays, accentue la différence qui oppose le « national » rivé à sa langue, sa culture et ses habitudes garantes de sa sécurité, et le « binational » qui acquiert une autre dimension des conceptions sociales, celles-ci dépassant largement les limites du «  national ».

Dès lors le Binational n’est plus des nôtres.

Il s’en suit un comportement réciproque entre nationaux et binationaux où la supériorité financière des uns s’impose au faible profil économique des autres qui, eux,  revendiquent leur expérience et affichent leur supériorité culturelle.

Quitter sa patrie, peut-il être considéré comme une trahison?

C’est ce que l’on m’a fait ressentir quand j’ai commencé à exercer ma profession en Grèce et que je m’y suis installée définitivement.

Tant que l’expatriation se trouve encore à la phase d’expérience, elle est considérée par les nationaux comme une étape naturelle de la vie et elle est bien tolérée. Mais quand l’insertion dans le pays d’adoption est effective et « réussie », elle devient un symptôme de trahison bien que le mot ne soit jamais clairement prononcé. J’ai vécu cette situation avec certains membres de ma famille et aussi des ami(e)s. On guettait ma «  déception » de l’Etranger et on attendait avec compassion le retour de l’enfant prodigue!

Pourquoi le binational a-t-il parfois le sentiment qu’on l’oblige à choisir entre l’une ou l’autre de ces identités?

Au niveau des rapports individuels.

Le « national » n’accepte pas la différence, soit parce qu’il  montre une inaptitude à s’adapter (on mange français, on parle français, on s’habille français, on achète français on ne raisonne que français, etc.), soit un refus de l’effort d’adaptation puisque le temps de résidence à l’étranger est compté. Dans ce cas, il cherche à s’imposer en affichant les valeurs françaises qui soulignent son identité unique, nationale française. Son but est de profiter des avantages que lui offre le pays d’accueil, ce qu’on ne peut lui reprocher. Le binational et ses problèmes lui sont indifférents. On entend souvent la phrase :- «Ne te plains pas, tu as choisi » (sanction ou punition?) ou bien « tu aurais mieux fait de rester Français(e) ».

Au niveau des droits de Français du binational.

Ils sont similaires à ceux des nationaux en ce qui concerne les droits fiscaux (pensions, retraites impôts s’il y a lieu, Sécurité sociale), le droit de vote (sous condition d’immatriculation au consulat) et l’aide à la scolarité qui incombe à l’administration du Lycée franco-hellénique d’Athènes. Le problème des bourses scolaires semble être le plus discriminatoire en ce qui concerne les binationaux.

Au niveau de l’identité.

La tendance est à la régression avec la formulation du retour à une seule identité nationale, ce qui obligerait le jeune binational de 18 ans à « choisir ». Or le binational issu de couple mixte, n’a pas à choisir son identité. Elle lui incombe dès le berceau. Il EST binational de fait et doit ignorer cette fausse option qui consiste à opérer une dé-nationalisation pour aboutir à une re-nationalisation.

La démagogie  nationaliste n’a pas de place dans les valeurs de la démocratie et ceux qui l’exercent ou la proclament, devraient rougir de honte.

L’enfant binational aura toujours l’avantage des deux langues et de l’assimilation à deux cultures vécues simultanément, sans passer par l’intégration.

Toutefois, je voudrais souligner l’existence d’une confusion (volontaire ou non) entre « naturalisation » et « nationalisation» : la naturalisation consiste à ne choisir qu’une seule identité, alors que la nationalisation permet le choix d’une deuxième identité (ou plus) en fonction des séjours à longs termes prolongés à l’Etranger, Certains pays dits démocratiques, obligent l’étranger à opter pour la nationalité exclusive du pays d’accueil, donc à renier son identité initiale. Serait-ce l’actuelle tendance, vaguement formulée, de certains pays européens dont la France? A nous, les binationaux, de rester vigilants et informés sur la question.

Quelles sont vos conclusions?

Je pense que les nationaux et binationaux ont des intérêts communs et qu’ils doivent se dégager des conceptions « nationalistes » qu’on veut leur imposer, en préservant par le vote, leurs acquis pour les uns, et leurs droits pour les autres.

Les nationaux sont les ambassadeurs de l’économie européenne alors que les binationaux sont les ambassadeurs de la langue et culture françaises qui permettent les échanges dans les domaines économique et culturel. Les deux communautés doivent conjuguer leurs efforts dans la concrétisation d’une Europe unie, bien compromise à l’heure actuelle. Les pays européens prennent conscience d’une crise qu’ils ont suscitée. Puisse-t-on l’enrayer à temps par des actes de solidarité et non par le désaccord.

Il me semble que le processus est en marche.

Annie Hatzinotas
Sympathisante de Gauche

 Article publié aussi en 2013