Et la Palestine?

Les français qui vivent en Palestine se trouvent confrontés à des difficultés différentes voire même insurmontables et  beaucoup plus nombreuses  que dans la majorité des autres pays du monde.

Michèle ParraviciniAfin d’en avoir une approche concrète et dans le cadre de son prochain voyage en Palestine et en Israël, la semaine prochaine, Michèle Parravicini a rencontré Monsieur Muhanad Jarrar, à la représentation Diplomatique de la Palestine à Athènes.

Les difficultés de libre circulation de nos compatriotes vivant en Palestine sont récurrentes. Qu’ils soient  français ou franco-palestinien, l’accès aux administrations, les visites à d’autres français  vivant en Israël,  les voyages vers notre République, les rencontres avec leur député sont très aléatoires. Par exemple pour prendre un avion certains peuvent être obligés de se passer par la Jordanie ou l’Egypte .

Michèle Parravicini a abordé également les questions écologiques et celles des ressources naturelles. Plus particulièrement la thématique de l’eau. Cette question est fondamentale et va devenir cruciale dans la prochaine décennie : les habitants des territoires occupés sont très rationnés en eau et même en électricité.

Monsieur Muhanad Jarrar nous a également parlé des relations qui existent entre certaines ONG palestiniennes et israéliennes œuvrant pour la paix et également des relations positives qui existent avec le Hadash, ses élus à la Knesset et les Instances Palestiniennes.

Nous aimerions, nous aussi,  jouer un rôle actif pour établir une paix durable, donc juste, au Moyen Orient, et exiger le respect  des résolutions de l’ONU.

Publicités

Reconnaissance des diplômes, où en est-on?

Article du Petit Journal Tel-Aviv
Le Collectif Franco-Israélien vient d’organiser, le 25 Avril 2013, une vidéoconférence de coordination Franco-Israélienne entre les Ministères Français et Israéliens concernés sur la reconnaissance des diplômes français en Israël, avec comme facilitateurs les membres du Collectif Franco-Israélien et d’autres associations impliquées. L’occasion de faire le point sur cette épineuse question.

La vidéoconférence du 25 avril dernier – Photo : DR

La reconnaissance des diplômes paramédicaux  

En France, ces diplômes  ne sont ni des Licences, ni des Masters mais des diplômes d’Etat. Ils sont donc hors du système européen LMD et il est donc impossible pour les Français titulaires de ces diplômes d’Etat d’exercer en Israël car Israël exige la détention d’une Licence ou d’un Master. La France est bien en train d’intégrer les diplômes d’Etats au sein du système LMD, mais ce n’est pas encore pour demain ! (2018 pour les orthophonistes par exemple).

Israël souhaite donc que les Français suivent des formations complémentaires pour pouvoir ensuite exercer dans le pays. Avant la mise en place de ces formations, les ministères israéliens de la Santé et de l’Education veulent évaluer la formation des Français. A l’issue de la vidéoconférence, le ministère français de la Santé s’est alors engagé à délivrer des maquettes explicatives en anglais, voire à nommer un intermédiaire chargé d’aider à l’évaluation des formations françaises.

Les étudiants médecins 

Là encore, les divergences entre formations françaises et israéliennes sont au désavantage des étudiants français. En Israël, il est impératif de détenir un diplôme accordant le titre de médecin pour entamer une spécialisation, alors qu’en France les étudiants ne reçoivent qu’un diplôme informatif à la fin de leur formation généraliste. Ils sont donc dans l’incapacité de commencer une spécialité dans une université israélienne car ils n’ont pas de titre de médecin. Sur ce point, c’est aux autorités israéliennes seules que revient la décision d’accepter ou non des étudiants médecins français. Le ministère de la Santé s’est néanmoins engagé à leur transmettre un exemplaire du diplôme informatif français pour que son contenu soit évalué.

Le Supplément au diplôme  

Ce document de quelques pages est comme un « permis de conduire international de l’éducation », qui contient toutes les informations nécessaires pour qu’un diplôme français soit reconnu à l’étranger. Il est crucial pour les nombreux étudiants français qui détiennent des diplômes que ne sont pas à proprement parler des Licences, Masters ou Doctorats. C’est le cas notamment des étudiants de Grandes Ecoles, des écoles d’ingénieurs ou encore d’architecture. Cela concerne aussi les Diplômes d’Universités (DU).

Techniquement, la délivrance du Supplément au Diplôme devrait être automatique en vertu d’une directive européenne. Mais en pratique, c’est loin d’être toujours le cas : aujourd’hui, 85% des universités le délivre, et pas toujours de façon systématique. Pourquoi ne sont-ils pas délivrés partout et automatiquement ? Le Ministère français de l’Education et de la Recherche a reconnu sa difficulté à faire appliquer cette mesure aux universités tout simplement du fait de l’autonomisation croissantes des universités françaises, ce qui amoindrit son autorité. Et sans ce document, la valorisation de ce type de diplômes à l’étranger et longue et couteuse pour le diplômé.

Afin d’aider les autorités israéliennes à reconnaître ces diplômes particuliers, le centre ENIC-NARIC français va désormais transmettre à son homologue israélien une liste consolidée de tous les diplômes français équivalents aux différents grades du système LMD, ce qui facilitera le travail de l’ENIC-NARIC israélien pour les valider.

Et pour encourager les universités françaises à se mettre en conformité avec cette directive européenne et normaliser la délivrance du Supplément au Diplôme, les associations impliquées ont rappelé l’importance d’agir à l’échelon politique et aussi d’intervenir au niveau de la Conférence des Présidents d’Universités. En ce sens, Le Collectif Franco-Israélien a immédiatement approché la CPU, dont la réaction a été immédiate : la présidence de la CPU considère que la valorisation internationale des diplômes universitaires français à l’international est cruciale et va soulever la question lors de son Colloque Annuel organisé la semaine prochaine (15-16-17 mai 2013) à Rennes et lors des discussions de la prochaine commission des relations internationales de la CPU, en juin 2013.

A l’occasion d’un colloque organisé à l’Université de Tel-Aviv lundi 6 mai, Christophe-André Frassa, Sénateur représentant les Français établis hors de France, s’est exprimé à ce sujet. Selon le Sénateur, la France a pris beaucoup de retard dans l’application de la réforme LMD parce qu’elle reste persuadée de la qualité de son propre système éducatif. Du côté israélien, il n’y a pas vraiment de volonté de rentrer dans les détails des formations françaises pour les reconnaitre. Il s’agit alors de « trouver un point de convergence entre les deux pays » pour une meilleure compréhension globale.

Et comme Ezra Banoun (Secrétaire Général de l’AAEGE Israël) l’a rappelé, cette thématique est un effort de longue haleine, commencé il y a déjà dix ans. Un long chemin a déjà été parcouru et le dossier avance peu à peu. En 2003 par exemple, aucune Grande Ecole ne délivrait le Supplément au Diplôme. Depuis 2007, 90% d’entre elles le délivre. Il reconnait que le domaine de la santé reste encore un domaine où il est difficile d’avancer et beaucoup de points ne sont pas encore réglé, laissant de nombreux Franco-Israéliens dans l’impasse.

Le succès de la vidéoconférence du 25 avril et le tout nouvel appui de la présidence de la Conférence des Présidents d’Universités laisse présager de nouvelles avancées qui, on l’espère, permettront un meilleur accès au travail et aux universités des Français en Israël.

Justine SIMONIN (www.lepetitjournal.com/telaviv)

Vidéoconférence avec Robi Damelin

Robi  a, toute sa vie,  travaillé pour la coexistence des peuples, et la tolérance, d’abord en Afrique du sud puis en Israël où elle est arrivée comme volontaire en 1967.

Dani DamelinQuand avez-vous pris contact avec l’association Parents  Circle ?
Après la mort de mon fils David, tué par un sniper – il faisait son service militaire et appartenait au mouvement pour la paix ; Je suis entrée en contact avec le mouvement Parent Circle, groupe formé par des familles israéliennes et palestiniennes qui ont perdu un proche parent pendant les conflits. Je n’avais aucun désir de revanche. Après 4 mois d’hésitation, de nuits sans sommeil,  j’ai écrit à la famille du jeune palestinien qui avait tiré sur  mon fils pour entamer un dialogue avec eux.

Pouvez-vous nous parler de l’activité de ce groupe ?
Dans ce groupe,  grâce aux rencontres, à l’éducation, et la communication, nous voulons éradiquer le cycle de la violence, de la haine, de la vengeance. Nous travaillons  grâce à des dialogues, des vidéo, des jeux de rôle, à comprendre la souffrance, pour la dépasser. Nous pensons que c’est grâce à l’éducation que nous pouvons tendre vers la Paix. Nous travaillons en petit groupe d’une quinzaine de personne. Nous avons réalisé des publications, des  films…pour permettre la connaissance et la reconnaissance de l’Autre. Nous avons institué un « International Peace Day »

Quelle est l’importance de cette association ?
Nous sommes 600 familles endeuillées. Nous  œuvrons pour la paix, la réconciliation et la tolérance.
Nous avons une reconnaissance internationale : des nombreux articles sont parus de la presse, –  notamment dans le quotidien « Le Monde »-  un de nos films « One day after Peace »  a été vu dans le monde entier et a été primé par Amnisty International. Nous venons de remporter le 1er prix de l’ONG Global Gallery « What in the World are you doing » dans la catégorie histoire d’amour et de pardon.
La réconciliation entre les 2 peuples est une condition indispensable pour obtenir un traité de paix durable.

It won’t stop until we talk
 
Nous avons convenu de nous rencontrer lors de mon voyage en Israël.

Rassemblements du 1er mai partout en Israël

Suite aux élections anticipées et aux manifestations pour la justice sociale de l’été dernier, des milliers de personnes ont défilé dans le centre de Tel Aviv, pour la Journée internationale des travailleurs. Brandissant des drapeaux rouges et des banderoles du Hadash, le Parti communiste d’Israël, la Ligue de la jeunesse communiste, des organisations de gauche et des syndicats, soit 82 organisations ont participé.  Les manifestants scandaient les chants des manifestations de l’été dernier et demandaient la démission du Premier ministre néo-libéral Binyamin Netanyahu.

Sur le podium place Rabin, Dov Khenin du Hadash a  indiqué que  ce 1er mai doit rappeler les manifestations estivales. « Le premier mai, cette année doit symboliser le début de l’été, » a- t-il déclaré. « Nous devons revenir à l’esprit de l’été précédent  et des protestations sociales. » Il a ajouté que cet été, contrairement au précédent, les manifestations doivent conduire à des changements politiques. » Si nous voulons la justice sociale, nous avons besoin d’un gouvernement différent. »

Le militant communiste Alon-Lee Green a déclaré que « la lutte n’est pas laïque contre haredi [ultra-orthodoxe] ou juifs contre Arabes, ou droite contre gauche. Nous devons tous essayer de changer le système capitaliste tout entier. »

Les membres du Parti communiste d’Israël, de la Knesset : Dov Khenin, Mohammed Barakeh, Hannah Sweid et Afu Agbaria ont participé à la manifestation.