Rapide analyse des résultats

Nous ne pouvons que nous (vous) féliciter pour les 15.17% de suffrages recueillis en Grèce, les 12.65% recueillis en Italie. A Chypre, nous avons gagné 5%.
Comment expliquer alors nos 7.1% globaux ? Merci Sarkozy pour le découpage …
Nous retenons que partout où l’austérité est imposée par les diktats de la finance, nous avons obtenu des résultats confirmant l’espoir que nous portons aux peuples en souffrance !

Fort de cette confiance, nous continuerons  nous battre !
Publicités

Manifestation le 18 mai à Rome

Rome 18 maiUne belle manif ouvrière, comme les Italiens savent en faire… Des travailleurs venus de toute l’Italie, ayant passé la nuit en car (à l’instar de Corinne, venue du nord du Lac de Come !), avec leurs pancartes revendicatives et leurs banderoles…

079En attendant Corinne, je suis entrée dans la Basilique Santa Maria degli Angeli, sur l’emplacement des anciens thermes de Dioclétien : plusieurs manifestants, leur casquette rouge respectueusement à la main, leur banderole sous le bras, admirent, lisent, regardent, s’interrogent, expliquent aux enfants. Emouvant.

078A un moment, arrêtée sur le trottoir pour retrouver Manue et Antoine que j’avais perdus, la délégation du PGE (Présidence PCF, Vice-Présidence espagnole, PRC, Die Link) et moi avons entendu chanter l’Internationale en italien et l’avons repris en français, espagnol et allemand. Emouvant.

077L’ex-secrétaire général de la CGIL passé au secrétariat du PD depuis la démission de Bersani, peut toujours vitupérer les manifestants et la FIOM-CGIL, organisatrice, il ne pourra pas empêcher les travailleurs de défendre leurs droits. Après tout, il devrait se taire, lui qui ose refaire un « gouvernement de large entente avec la droite » !

Vive l’Europe des travailleurs, l’Europe des peuples !

Texte de Hélène Bougault

Table ronde : « L’économie peut-elle tout expliquer ? »

Jeudi 16 mai, à l’Institut Français de Grèce

IFG« Les crises financières qui se succèdent mettent à rude épreuve les sciences économiques. Elles n’auraient pas su les prévenir et elles ne parviendraient pas à y apporter des solutions »

Mickaël Cozik, maître de conférences en philosophie de l’Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, passa en revue les fondements philosophiques des notions économiques, tels les concepts de modèle et de théorie économiques, soulignant les difficultés d’élaborer des modèles  économiques applicables au réel.

Konstantinos Tsoukalas, professeur de Sociologie à l’Université d’Athènes, expliqua qu’à cause de l’instabilité et de l’irrationalité de l’Homo economicus, l’économie semble avoir échappé à toutes les règles qui régissaient l’homogénéité sociale. A cause de la mondialisation néo-libérale,  de la déterritorisation du capital, les marchés libérés supra-nationaux fonctionnent en dehors de toutes règles, dans le seul but de satisfaire l’avidité et la cupidité d’une minorité. Avec pour conséquence une dérèglementation générale et la profanation de l’espace public.

Kostas Vergopoulos, professeur d’économie à l’Université d’Athènes, imputa à la « moralisation » imposée par Mme Merkel l’existence de la crise européenne des pays du sud (les P(I)GS) car cette approche moralisatrice entraîne l’obligation impérative de rembourser une dette qui, avec le temps, inexorablement, se creuse toujours plus. En effet, pour Mme Merkel, la « vertu morale suprême » d’un pays consiste à équilibrer son budget.  Or, nous savons que, dans l’Histoire, l’économie n’a pu véritablement naître et progresser qu’à partir du moment où elle s’est émancipée de la morale, où elle est devenue « amorale », dans un mouvement d’ailleurs commun à toutes les sciences.

Le seul moyen pour parvenir à cette « vertu budgétaire » consiste à supprimer les institutions « dangereuses » : il faut détruire les systèmes de protections sociales, des retraites, du droit du travail, mettre fin à l’ « Etat Providence » en rejetant au dernier rang les droits de l’Homme et du Citoyen.

La grande casse a commencé, nous assistons chaque jour à son œuvre destructrice, En Grèce, en Italie, aussi bien qu’en France

Cette conférence nous a donné des outils pour mieux la comprendre, pour mieux la combattre.

A Roma. Ecosocialismo : un manifesto per il Mare Nostrum

Les petits poissons rougesManifesto RomaJ’étais ce début de semaine à Rome, à moins de deux semaines du scrutin des législatives partielles, pour soutenir nos candidats du Front de Gauche aux élections législatives partielles. J’espère avoir le temps d’y revenir plus longuement ici, tant c’était riche et tant cette ville et les rencontres avec la Constituante des biens communs au théâtre occupé Valle et le centre social autogéré SCUP, m’ont marquée… Mardi soir, en plus de mon camarades du PG candidat suppléant Guillaume Mariel, j’étais accompagnée de Roberto Musacchio, ex eurodéputé de Rifondazione et de l’écrivain Giuseppe di Marzo, tous deux enthousiasmés par leur lecture du Manifeste et volontaires pour participer à un réseau international écosocialiste.

… Un plaisir, d’autant que cette 8e circonscription, de la Grèce à l’Italie en passant par Israël, Chypre, Malte et la Turquie, est en première ligne. L’Europe du Sud est devenue un vrai laboratoire de l’austérité, de la confiscation de la souveraineté populaire et de la dépolitisation de la vie publique. Le gouvernement grec tente de remplir ses caisses avec tout ce qui peut se vendre, laissant des fonds qataris investir massivement dans ses mines d’or et ses banques, ouvrant le capital de ses ports à des investisseurs chinois, laissant brader jusqu’à ses îles, dont 6 viennent d’être vendues à l’émir du Qatar pour quelques millions d’euro. Quant à l’Italie, c’est un pays où l’on a vu un Premier ministre être directement nommé par la Commission européenne, un pays où les médias conditionnent la politique depuis plus de 20 ans, où un milliardaire a été élu chef de gouvernement alors qu’il possédait la totalité des chaînes nationales de télévision privée, un pays où selon l’OCDE les déchets augmentent plus vite que le PIB, et qui détient des records de pollution : parmi les 30 villes les plus polluées d’Europe, 15 se trouvent en Italie. Mais c’est aussi ici, en Italie, que le 13 juin 2011, les Italiens ont voté massivement pour refuser la privatisation de la gestion de l’eau. Dans chaque région, chaque province, chaque ville, des comités de citoyens se sont organisés pour récolter les 500.000 signatures nécessaires. En moins de 3 mois, ils ont recueilli 1,4 millions de signatures. Et 57 % des Italiens ont voté ! Ce n’était pas arrivé à un référendum depuis 1995, et 95% des votants se sont exprimés pour l’eau publique et contre les profits sur ce bien commun. Moi je vous le dis, il y a là des graines d’écosocialisme qui ne demandent qu’à fleurir…

Je suis allée à Rome témoigner auprès de nos amis italiens et des français installés là bas, de deux choses qui me paraissent essentielles. D’abord que nous sommes et serons toujours aux côtés de tous les peuples de la Méditerranée, dans leur combat pour une gestion démocratique des ressources face à une troïka (FMI, Banque mondiale, Commission européenne) qui décide et ordonne, face à des gouvernements qui leur sont aliénés, et acceptent de voir leurs peuples éreintés, et leurs écosystèmes saccagés. La Méditerranée, Mare Nostrum, ce formidable écosystème que nous avons en commun, est hélas bien mal en point : surpêche, résidus de médicaments, déchets de matières plastiques, polluants organiques… Selon un rapport de 2011, le « point de non-retour » n’est pas loin. Or l’eau de cette mer semi-fermée met un siècle à se renouveler, et les stations d’épuration sont à l’évidence en nombre insuffisant. Au nord de la Méditerranée, 89 % des villes de plus de 10.000 habitants ont un réseau d’épuration, au sud ce pourcentage n’est que de 56 %. Plus généralement, les politiques et les moyens divergent très largement entre les pays du pourtour méditerranéen et nécessitent une coopération internationale pour sauver cet écosystème qui est aussi un espace commun de développement économique et une communauté de destin humain. Voilà un domaine pratique d’application concrète d’une alternative écosocialiste qui permettrait tout à la fois de relancer l’activité maritime et portuaire, de développer les services publics d’assainissement et de nouvelles formes d’énergie renouvelables, tout en préservant notre environnement !

Car le deuxième message que je souhaitais délivrer c’est ça : aujourd’hui il existe une alternative. On nous répète à longueur de médias qu’il n’y a pas le choix, que la crise est là et que l’austérité la seule voie. A l’évidence, Margareth Thatcher est morte, mais le fameux « TINA » lui survit et c’est hélas le même refrain de Chypre à Madrid, de Lisbonne à Athènes, et chez tous les libéraux de droite comme de gauche. Suppression des postes de fonctionnaires en Angleterre, fin de l’aide aux chômeurs longue durée en Espagne, baisse du revenu minimum d’insertion au Portugal et report de l’âge de départ à la retraite partout… Chez nous en France, le chômage bat des records sur 21 mois consécutifs, et le gouvernement mené par le PS entérine le traité européen « Merkozy », offre 20 milliards de crédit d’impôt compétitivité aux entreprises sans contrepartie et maintenant annonce encore plus de privatisations chez EDF et GDF, en plein débat national sur la transition énergétique !

Il fait trois fois pire que Fillon et Sarkozy qui en deux plans d’austérité avaient fait 19 milliards de coupes, François Hollande lui en est déjà à 37 milliards de coupes dans le budget 2013, et un 2e plan dit de compétitivité va être appliqué à partir de 2014 qui doit porter à 60 milliards les coupes dans les dépenses publiques d’ici 2017. Jusqu’ici c’étaient les pays du Sud qui subissaient les assauts libéraux de la part du FMI, de l’OMC ou de la Banque Mondiale. Désormais plus personne n’y échappe. Les différents plans d’austérité, sous l’injonction de réduction des déficits publics, se conjuguent avec les attaques répétées de l’Union européenne contre les services publics, vus comme d’affreux monopoles en contradiction avec la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée ». Résultat : ouverture à la concurrence et privatisation de services fondamentaux comme l’énergie, le rail ou encore la formation et la santé. Dégradation des conditions de travail, abandon des missions non rentables, hausse des tarifs et recherche du moins disant social et environnemental. Car si la directive Bolkestein a été repoussée, la directive Services, elle, est bien là ! Nos services publics sont peu à peu pervertis en services d’ « intérêt économique général » pouvant être confiés à des opérateurs privés. Or un opérateur privé, dans un système économique capitaliste, n’est pas là pour défendre l’intérêt général. Il est là pour faire des profits. Mais l’éducation, la santé, l’énergie ou l’eau ne sont pas des marchandises comme les autres !

Einstein disait : « On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés ». Alors soyons radicaux, au sens d’aller à la racine des causes : crise sociale et urgence écologique ont toutes deux pour origine la recherche de profits qui prime sur le reste, une économie du « produire pour produire » qui en oublie les besoins humains. En trois mots, le capitalisme, le productivisme et la mondialisation financière. Nous avons fait beaucoup, à gauche, en matière d’analyse du système, je n’y reviendrai pas. Car certes, nous sommes anticapitalistes, antiproductivistes et altermondialistes. Nous avons, par nos prises de position et notre présence dans les luttes, prouvé notre détermination à ne pas courber l’échine et à être du côté de celles et ceux qui résistent. Mais rompre avec le système implique également de provoquer un élan populaire autour d’un nouveau projet mobilisateur fait d’espoir, de bien vivre et de jours heureux : l’écosocialisme.

Il est temps de proposer une nouvelle synthèse à gauche en tirant les leçons des échecs du passé et en intégrant les nouveaux défis du présent. Le socialisme a ignoré la dimension écologique de son projet d’émancipation et n’a pas vu que la finitude des ressources naturelles nous menait doit dans le mur. Et l’écologie de son côté a eu un peu trop tendance à oublier l’analyse économique du système et à regarder de loin les luttes sociales. Notre écosocialisme à nous se fonde sur l’écologie politique et le refus du capitalisme vert, le lien systématique entre luttes sociales et environnementales, c’est le mariage entre un socialisme débarrassé du productivisme et une écologie farouchement anticapitaliste. Et ce n’est pas un à-côté de nos politiques. Car il en va des conditions même de la vie humaine sur Terre. Dérèglement climatique, perte de biodiversité, pollution de l’air, de l’eau et des sols, épuisement des ressources naturelles… Nous ne devons jamais oublier que nous n’avons qu’une seule biosphère, qui ne connaît pas de frontières.

Alors par delà les frontières, notre Manifeste va être ou est déjà traduit en espagnol, grec, italien, anglais, allemand, portugais, polonais, arabe et japonais et nous allons bientôt pouvoir l’adresser à tous nos partis frères, partout dans le monde… Et après Rabat, Tunis et Rome, continuer à aller le présenter et débattre tout autour de la Mer Méditerranée 🙂

L’article complet sur le blog de Corinne Morel Darleux se trouve ici.

Michèle Parravicini, Front de gauche : “La loi du mariage pour tous… un pas en avant pour dix en arrière !”

Les 26 mai et 9 juin prochains, les électeurs de la 8ème circonscription des Français de l’étranger (dont Turquie) seront appelés à choisir leur député à l’Assemblée nationale. Lepetitjournal.com d’Istanbul vous propose de faire connaissance chaque jour avec un candidat. Ce jeudi, Michèle Parravicini, candidate du Front de gauche.

Lepetitjournal d’Istanbul : En quoi pensez-vous être légitime pour représenter les Français de l’étranger, et plus particulièrement ceux de la 8ème circonscription ?

Michèle Parravicini : Je connais bien le monde méditerranéen. Actuellement, je vis à Athènes. J’ai aussi vécu en Italie, le père de mon fils est italien et je mesure bien quels sont les enjeux de la binationalité. J’ai travaillé quelques mois comme bénévole en Turquie. J’ai aussi passé cinq ans en Algérie et en Tunisie. Le monde de l’expatriation, de la vie hors de France m’est donc familier. Mon suppléant, Guillaume Mariel, libraire passionné de toutes les cultures méditerranéennes, vit en Italie. Travaillant actuellement en Grèce, au cœur de la tourmente, je suis pleinement au fait des réalités sociales, des enjeux économiques et écologiques, ainsi que des bouleversements en cours qui secouent le monde méditerranéen. Je m’engage pour défendre les Français de l’étranger, en particulier ceux qui subissent la crise : baisse des salaires, des retraites, pour les précaires, les chômeurs… et pour tous les autres qui ont vu leur situation se dégrader et qui ne supportent plus de voir que la finance a pris le pas sur l’humain et la nature.

À ce jour, quel jugement général portez-vous sur le travail de l’actuelle législature ? Qu’en retenez-vous ?

C’est très décevant, du vote du traité de stabilité européen (TSCG) à la destruction du code du travail en France et l’inactivité quant à l’évasion fiscale, atteignant 80 milliards d’euro par an, alors que l’on a augmenté les taux intermédiaires de la TVA qui frappent les plus humbles… Décevant est même un adjectif trop faible ! C’est la politique de la droite qui, dans de nombreux domaines, est assumée par le gouvernement PS-EELV. Et ce n’est pas parce qu’elles changent de nom, la RGPP (révision générale des politiques publiques) devenant MAP – Modernisation de l’Action Publique – que cette politique d’apothicaires devient moins insupportable ! Nous savons à l’étranger ce que cela suppose, des suppressions de postes et d’antennes consulaires, des fermetures de lycées, des dotations de bourses et d’aides sociales mal réévaluées. La députée PS dont l’élection a été annulée a voté dans le sens de tous ces reniements malgré les promesses. Enfin il y a la loi du “mariage pour tous”, pour laquelle nos députés et sénateurs se sont battus, avec ceux de la majorité présidentielle et dont nous sommes très fiers, bien que cette loi n’aille pas aussi loin que nous l’espérions. Un pas en avant et dix en arrière ne font pas un jugement positif ! Ce n’est pas un hasard si en ce moment le débat porte sur de possibles changements au gouvernement, c’est un changement de politique qu’il nous faut, en abandonnant totalement le cycle infernal de l’austérité imposée par l’Europe qui produit de la récession et donc de la dette. C’est le sens de ma candidature, renforcer le Front de gauche pour envoyer un message clair au président de la République et au gouvernement pour imposer un changement de cap radical. Et ce message est d’autant plus fort qu’il viendra d’une des parties du monde la plus touchée par l’idéologie de la finance.

Si vous êtes élue, quels sont les dossiers que vous comptez porter ou faire avancer en priorité ?

Je m’opposerai à toute loi qui oublie que le critère humain et écologique doit primer. Je défendrai les alternatives aux politiques d’austérité, de plus en plus de voix s’élevant à l’Assemblée pour crier que l‘austérité est une erreur, une impasse. Je m’engagerai dans une vraie campagne de sensibilisation sur ce que sont les Français de l’étranger, si méconnus. Je combattrai suite à la mise en place des RGPP, la précarisation qui touche les personnels des institutions ou programmes français à l’étranger (contrats locaux et même les enseignants détachés comme les MICEL) et qui contribue à l’érosion de l’image de notre pays à l’étranger. Il faut mieux représenter les Français de l’étranger en France et l’actuel projet de loi sur les élections consulaires ne va pas dans ce sens. Les fonctions attribuées aux futurs représentants sont trop limitées et restent consultatives. Il faut de vraies assemblées consulaires qui représentent toute la diversité de nos situations. Enfin, il y a une majorité de consensus possible au Parlement pour travailler à la mise en place d’un grand plan de préservation de la Méditerranée, depuis la France et à échelle internationale, auquel je compte œuvrer, qui démontre que les volets social et écologique sont liés. Jean-Luc Mélenchon, qui me soutient, rappelle que les espaces maritimes sont un axe central pour le Front de gauche. Je m’étonne qu’un grand homme comme Daniel Cohn-Bendit parle de l’extraction pétrogazière comme solution pour Chypre. La solution c’est d’abord d’inverser la logique financière.

Lors des dernières législatives, on a reproché aux candidats de la 8ème circonscription de donner plus d’importance aux Français d’Israël qu’à ceux des autres pays. Que souhaitez-vous dire aux Français de Turquie qui les concerne en particulier ?

Je n’aime pas ces polémiques, il faut respecter la diversité des situations et surtout lui permettre de s’exprimer dans des formes de représentations plus ouvertes que ce que l’on nous propose aujourd’hui. Cela fait sens d’être tous ensemble dans la même circonscription, autour de problèmes proches si on les analyse avec distance. C’est d’abord autour de ce que peut proposer la France à ceux qui vivent loin que nous devons travailler et rattraper le temps perdu, sans faire de distinctions. Les concitoyens de Turquie doivent être entendus comme les autres, eux qui sont préoccupés par la difficulté d’accéder à l’Union européenne, les difficultés sociales et le développement des centrales nucléaires dans une région sismique.

Selon vous, quels doivent être les champs prioritaires des relations entre la France et la Turquie, passablement malmenées ces dernières années ?

L’entrée de la Turquie dans l’Union européenne : nous y sommes favorables. C’est une attente forte du peuple turc, partagée par les Français qui vivent dans ce pays. C’est à partir de ce nouveau contrat de confiance que les dossiers avanceront, comme celui de la question kurde ou de la paix au Proche Orient.

L’abstention aux dernières législatives a été particulièrement élevée, notamment dans les circonscriptions des Français de l’étranger. A votre avis, pourquoi ?

De nombreuses raisons pour expliquer cette forte abstention… Les Français de l’étranger votaient, pour la première fois pour élire un député. Le rôle de ce député était, pour certains, flou.L’étendue de nos circonscriptions rend difficile les déplacements et ne favorise pas la connaissance des candidats. Le décalage de dates entre législatives à l’étranger et en France a pu perturber certains électeurs. Le vote par internet a été très avancé par rapport au scrutin à l’urne et a été soupçonné d’être peu fiable. La crise morale de la vie publique en France est aussi un facteur d’abstention. C’est pour cela que nous appelons à une 6ème République. Pour cette nouvelle législative, nous espérons une plus forte participation et un vote important de protestation contre la politique menée actuellement par le gouvernement PS-EELV… Nous sommes, dans ces élections, les seuls candidats qui proposent une vraie alternative politique à gauche. L’abstention fait le nid de l’extrême-droite qui menace en France et dans beaucoup de pays.

Ces élections ont lieu parce que le Conseil constitutionnel a invalidé l’élection de Daphna Poznanski en raison d’anomalies dans ses comptes de campagne. Que pensez-vous des règles sur le financement des campagnes législatives – en particulier de leur application aux candidats des Français de l’étranger ?

Le code électoral prévoit qu’un candidat ne peut engager des dépenses qu’à travers le mandataire qu’il s’est choisi et qui dispose d’un compte en France. La loi d’avril 2011 a tenté d’adapter ces règles à la spécificité des législatives de l’étranger en ouvrant la possibilité de désigner des représentants du mandataire dans tous les pays de la circonscription, mais n’a pas permis d’ouvrir des comptes hors de France. Ce n’est pas toujours facile !

Comment vous organisez-vous pour respecter ces règles ?

Je me réfère au Memento du candidat publié par les Ministère des Affaires étrangères et de l’intérieur et je respecte les conseils donnés : j’ai un mandataire financier à Paris. Nous n’avons eu aucun problème en 2012. J’ai justement pour ma part signé la charte Anticor.

Suite à la polémique provoquée par “l’affaire Cahuzac”, seriez-vous prête à déclarer votre patrimoine si vous êtes élue ?

Oui. Je suis fonctionnaire et tout ce que j’ai acheté provient de ce salaire. Il était temps que cette mesure soit mise en place. Quand François Hollande parlait d’exemplarité, on en est bien loin. Moi, je n’ai rien à cacher.

Propos recueillis par Anne Andlauer (http://lepetitjournal.com/istanbul.htmljeudi 16 mai 2013.
L’article complet se trouve ici.