Jean-Luc Mélenchon : « Le 5 mai, pour un Front du peuple des plus larges »

Pour Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, le Front de gauche, qui a les outils programmatiques et la méthode politique, doit ouvrir une perspective à gauche.

François Hollande est au plus bas 
dans les sondages. Comment l’expliquez-vous ?

Jean-Luc Mélenchon. Ce qui est déterminant, c’est la volte-face du chef l’État qui l’a amené à épouser les objectifs du Medef et à refuser quelque contrepartie que ce soit aux salariés. Cette réalité fausse tout le champ politique quand celui qui est censé représenter le changement fait le contraire. Il ne suffit pas d’avoir des opinions favorables dans le patronat pour provoquer l’adhésion des Français.

Le gouvernement reporte sur les politiques d’austérité menées en Europe et en Allemagne les difficultés de la France. Comment réagissez-vous ?

Jean-Luc Mélenchon. Nous nous appuyons toujours sur ce qui nous permet d’avancer. D’un côté, le PS intègre notre discours sur l’Europe austéritaire et sort du déni de réalité qui lui faisait dire que c’était la seule politique possible. C’est positif. De l’autre, il reporte sa propre responsabilité sur Angela Merkel alors même qu’il pratique sa politique en France. C’est une ruse de communication.

Le gouvernement fait passer en force la loi sur l’ANI, rejette l’amnistie sociale…

Jean-Luc Mélenchon. Cela confirme l’ampleur du tournant politique du noyau dirigeant du PS. Voyez la violence avec laquelle ils ont agressé le président de l’Assemblée nationale, le traitant de démagogue, pour avoir posé le problème de la confrontation avec l’Allemagne. Ce tournant trouve son origine dans les années 1980, quand les socialistes européens ont reformulé la doctrine sociale-démocrate. Les Solferiniens en France, les Blairistes en Angleterre, les Schroedérien en Allemagne, les D’Alémanistes en Italie se placent hors de la lutte de classes, entre « l’entreprise et les salariés » et même, parfois, hors du cadre droite-gauche.

Un remaniement gouvernemental est évoqué. En quoi pourrait-il être une solution ? Vous vous dites vous-même disponible pour devenir premier ministre ?

Jean-Luc Mélenchon. Le Front de gauche se réclame de la radicalité concrète. Notre ligne politique n’est pas d’attendre 2017, voire 2022… Le changement que nous voulons, nous sommes en état de le réaliser tout de suite. Nous en avons les outils programmatiques, les méthodes politiques. C’est pourquoi j’ai résumé cette offre par : « Je suis prêt à être premier ministre. » Montrant ainsi que nous sommes une force gouvernementale, et non de témoignages. Maintenant, soit Hollande resserre son gouvernement pour continuer la même politique, soit il change de cap. Dans ce cas, nous sommes ouverts à la discussion.

Le désenchantement, la colère ne semblent pas se traduire par des mobilisations sociales fortes et bénéficient à l’extrême droite…

Jean-Luc Mélenchon. La situation est contradictoire. La volte-face de Hollande crée des dégâts considérables. Des milliers de gens ne comprennent pas pourquoi il se produit le contraire de leurs espérances de 2012. Soit ils en concluent qu’ils ont été trahis, ce qui les démoralise, soit qu’il n’est pas possible de faire autrement, ce qui les démoralise aussi. L’autre conséquence, avec l’impuissance du parti majoritaire, c’est que l’extrême droite et la droite, qui ont tendance à constituer un tout idéologique, peuvent alors apparaître, à des fractions de la société, comme la solution du moment.

Dans cette situation, quelle est 
la responsabilité du Front de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon. La force que nous avons constituée durant l’élection présidentielle – 4 millions de suffrages – n’est pas une force champignon, c’est-à-dire éphémère. Elle aurait pu se diluer dans le paysage politique. Ce n’est pas le cas. Elle a été confirmée et des sondages la donnent en progression. Surtout si nous sommes capables de prendre la tête non seulement de la colère populaire, mais d’une espérance populaire.

Dans cet objectif, quelles sont 
les ambitions du Front de gauche avec la marche du 5 mai : coup de semonce contre la politique du gouvernement ou volonté d’affirmer une alternative à gauche ?

Jean-Luc Mélenchon. Les deux à la fois. Le Front de gauche a une responsabilité devant le pays à la suite de l’affaire Cahuzac. Nous devons expliquer et proposer des solutions. Le mot d’ordre de VIe République est revenu avec force. Après les reniements du gouvernement, le 5 mai s’est chargé d’un contenu plus social. Ce coup de semonce dont vous parlez se fera entendre lors du vote sur l’ANI, au Sénat, le 14 mai, et sur l’amnistie sociale, le 16 mai, à l’Assemblée nationale. Nous avons une stratégie politique, celle de construire un front du peuple le plus large possible et nous sommes en train d’entrer dans l’imaginaire collectif comme une alternative possible à gauche.

Entretien réalisé par Max Staat dans l’Humanité du 3 mai 2013.

Égalité de droits

Affiche mariage pour tousUne trentaine de personnes, français(e)s, Franco-grecques et grecques ont répondu à l’invitation de Michèle Parravicini pour fêter l’adoption du Mariage pour tous le 23 avril 2013. 

La candidate du Front de Gauche a remercié les participants et a rappelé que c’est Jean-Luc Mélenchon qui, en 1990, a déposé la première loi visant à la reconnaissance des couples du même sexe. Elle a cité Marie-Georges Buffet lors du dernier discours avant le vote : « Cette loi va permettre à de très nombreux enfants d’avoir enfin des parents de pleins droits pour être des enfants de pleins droits. »

Elle a également parlé de Marinette Pichon première vedette du football féminin en France, qui dans le journal L’Equipe du 22 avril 2013, indique qu’elle attendait de François Hollande « qu’il porte [sa] parole » et que « pour l’instant, il ne le fait pas », en retirant la PMA du texte de loi.
Mariage pour tous 2Au cours de la soirée, Madame Vasiliki Katrivanou, Députée Syriza au Parlement hellénique  (Parlement monocaméral de la Grèce) nous a fait l’honneur de nous rejoindre.
Après nous avoir félicités pour cette avancée égalitaire en matière de droit humain, en quelques phrases, Mme Vasiliki Katrivanou nous a fait part de la situation des LGBT en Grèce. Elle espère que la légalisation du mariage pour tous dans de nombreux pays d’Europe permettra à la Grèce d’avancer dans cette voie, et d’adopter enfin un pacte du type Pacs.

Cette soirée s’est achevée sur les chansons d’Edith Piaf, Dalida et Zaz. Nous remercions l’équipe du DYARI cafe pour leur chaleureux accueil.

Interview dans Jérusalem Info

A tous les électeurs français israéliens et palestiniens

Madame, Monsieur,

Comme l’an dernier, je me présente à vos suffrages, avec mon suppléant Guillaume Mariel, bouquiniste à Arezzo, en Italie, au nom du Front de Gauche, dont le programme, porté par Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2012, est « L’Humain d’abord ».

Ce programme remet l’humain au centre des priorités contre la domination de la finance et du profit financier à court terme et à n’importe quel prix : fraude fiscale, destruction des protections sociales, privation d’eau potable, famine, pollutions de l’air, de la mer (notamment méditerranéenne), de la terre, risques d’accidents du travail, de dégâts humains et environnementaux considérables, voire mortels, guerre.

Avec des centaines de milliers d’Indignés de la circonscription, je dis qu’un autre monde, un monde vraiment humain, est urgent et possible.

Avec le Front de Gauche, je soutiens toutes les forces progressistes palestiniennes et israéliennes, toutes les personnes qui, chacune dans son domaine (militaire, social, artistique, culturel, politique), tentent de faire avancer le droit de ces deux peuples à vivre en paix, dans deux états voisins.

Si les électeurs m’élisent députée, je rejoindrai le groupe Front de Gauche des députés, qui combattent depuis un an pied à pied contre les renoncements du gouvernement socialiste et écologiste devant les diktats de « la finance », tout en travaillant à faire des propositions alternatives et à les soumettre à la réflexion de députés socialistes, écologistes, radicaux.

Enseignante en Science et Vie de la Terre au Lycée franco-hellénique d’Athènes, je partage les conditions de vie de l’immense majorité d’entre vous et suis indignée par les scandales financiers révélant les complicités entre dirigeants financiers et politiques, alors que « ces gens-là », soumettent toujours plus les peuples grec, chypriote, italien à la diète et au recul de civilisation. Décidément, oui, une autre république, vraiment citoyenne, c’est urgent !

Si vous le pensez aussi, je vous propose d’utiliser le bulletin de vote « Michèle Parravicini » pour l’exprimer.

Blocus financier de Chypre par Jean-Luc Mélenchon

La décision du banquier central Mario Draggi de ne plus alimenter Chypre en euros jusqu’à ce que Chypre capitule intervient pourtant après un vote souverain du parlement national. C’est un acte d’agression inacceptable. Il montre que l’euro est non seulement un luxe Merkelien coûteux mais aussi un dangereux moyen d’action contre la souveraineté d’un peuple. Il s’agit d’un abus de pouvoir, certes mais aussi d’une alarme qui doit être entendue.

La France ne peut cautionner cette violence sauf à l’autoriser contre elle-même le cas échéant. S’il faut désormais choisir entre la souveraineté du peuple et celle de l’euro, la France doit choisir le peuple.

La décision du banquier central est un tournant dans l’histoire de l’union européenne. Elle impose un choix : soit changer le statut de la banque centrale et donc celui de l’euro pour sécuriser la souveraineté des peuples, soit renoncer à l’euro Merkel.

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon