Table ronde : « L’économie peut-elle tout expliquer ? »

Jeudi 16 mai, à l’Institut Français de Grèce

IFG« Les crises financières qui se succèdent mettent à rude épreuve les sciences économiques. Elles n’auraient pas su les prévenir et elles ne parviendraient pas à y apporter des solutions »

Mickaël Cozik, maître de conférences en philosophie de l’Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, passa en revue les fondements philosophiques des notions économiques, tels les concepts de modèle et de théorie économiques, soulignant les difficultés d’élaborer des modèles  économiques applicables au réel.

Konstantinos Tsoukalas, professeur de Sociologie à l’Université d’Athènes, expliqua qu’à cause de l’instabilité et de l’irrationalité de l’Homo economicus, l’économie semble avoir échappé à toutes les règles qui régissaient l’homogénéité sociale. A cause de la mondialisation néo-libérale,  de la déterritorisation du capital, les marchés libérés supra-nationaux fonctionnent en dehors de toutes règles, dans le seul but de satisfaire l’avidité et la cupidité d’une minorité. Avec pour conséquence une dérèglementation générale et la profanation de l’espace public.

Kostas Vergopoulos, professeur d’économie à l’Université d’Athènes, imputa à la « moralisation » imposée par Mme Merkel l’existence de la crise européenne des pays du sud (les P(I)GS) car cette approche moralisatrice entraîne l’obligation impérative de rembourser une dette qui, avec le temps, inexorablement, se creuse toujours plus. En effet, pour Mme Merkel, la « vertu morale suprême » d’un pays consiste à équilibrer son budget.  Or, nous savons que, dans l’Histoire, l’économie n’a pu véritablement naître et progresser qu’à partir du moment où elle s’est émancipée de la morale, où elle est devenue « amorale », dans un mouvement d’ailleurs commun à toutes les sciences.

Le seul moyen pour parvenir à cette « vertu budgétaire » consiste à supprimer les institutions « dangereuses » : il faut détruire les systèmes de protections sociales, des retraites, du droit du travail, mettre fin à l’ « Etat Providence » en rejetant au dernier rang les droits de l’Homme et du Citoyen.

La grande casse a commencé, nous assistons chaque jour à son œuvre destructrice, En Grèce, en Italie, aussi bien qu’en France

Cette conférence nous a donné des outils pour mieux la comprendre, pour mieux la combattre.

« Nous, Grecs de Paris », par Nikos Graikos

drapeau-franco-grec-1024x576« Nous Grecs de Paris qui voyons la politique menée par le Président de la République Française et le gouvernement actuels conduire la France vers des chemins similaires à ceux empruntés par la Troïka et le gouvernement en Grèce, nous soutenons la candidature de Michèle Parravicini.
Car notre combat, en Grèce et en France, est commun. Aucun pays , aucun peuple ne peut s’en sortir seul. »
Nikos Graikos, membre du CA de la Communauté Hellénique de Paris.