L’écosocialisme repose sur le constat qu’il n’est pas techniquement possible de poursuivre le développement économique tel qu’il est organisé actuellement.

Par Céline Clément, candidate Front de Gauche pour les Législatives de la 1ère circonscription des Français de l’Etranger.

Notre modèle économique est basé sur l’illusion d’une consommation sans fin des ressources naturelles, et laisse les plus vulnérables démunis face aux catastrophes humaines et écologiques que le système engendre. L’accumulation de toujours plus de richesses dans des mains de moins en moins nombreuses ne se fait, au fond, qu’au prix d’une destruction de notre environnement – environnement social (qualité de nos relations humaines, de notre vie affective, familiale et spirituelle) et environnement naturel (qualité de l’air, de l’eau, de notre nourriture). Cette prédation de notre capital écologique et humain commun n’est pas viable et ne bénéficie qu’à quelques intérêts privés.

Notre mode d’organisation collectif doit, en conséquence, changer radicalement. Car l’écosocialisme n’est pas un simple « souci de l’environnement », l’écosocialisme est la vision globale et cohérente d’une société basée sur l’intérêt général, organisée autour d’un modèle économique différent, libérée de la course à la consommation, où chacun et chacune d’entre nous participerait aux décisions qui engagent notre avenir et celui de nos enfants. 

Les crises économiques, sociales et écologiques que nous traversons sont liées. Pour répondre à ces défis, nous proposons la bifurcation écosocialiste, qui doit être amorcée au plus vite. Cette bifurcation repose sur quatre mesures fondamentales :

1. Réformer nos institutions pour mieux représenter le peuple.

La structure pyramidale et le régime présidentiel de notre cinquième république ne permettent pas l’implication citoyenne démocratiquement nécessaire. La mise en place d’une sixième république, définie par une assemblée constituante, permettrait d’inscrire dans notre constitution, le droit pour chaque être humain à une vie de qualité dans un environnement préservé. Nous prônons également la mise en place d’un référendum révocatoire qui permet la destitution par le peuple des maires, députés ou élus qui contreviendraient à leurs devoirs et obligations et un renforcement de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illégal des élus. Ces dispositions légales permettront au peuple de faire respecter son vote et éviteraient l’impunité trop souvent observée de certains élus. Ces positions ont été exprimées le 5 mai lors d’un rassemblement initié par le Front de Gauche – vite rejoint par de nombreux groupes de citoyens (voir : http://www.marchepourla6eme.fr/).

2. Sortir des traités européens libéraux qui nous étouffent.

Ces traités – dont le dernier a été écrit par M. Sarkozy et voté par le PS et Europe Ecologie (EELV) – imposent à toute l’Europe une idéologie libérale liberticide, destructrice d’emploi et absurde en termes écologiques. Ces accords internationaux, tout comme le récent accord transatlantique de commerce et d’investissement, mènent à un dumping social et environnemental intolérable. L’Europe doit se construire pour les peuples, et avec l’adhésion pleine et entière des peuples – or, lorsqu’ils ont eu la possibilité de s’exprimer, les citoyens d’Europe ont rejeté ces traités. Le peuple français, souverain, les a rejetés en 2005 et les rejetterait encore aujourd’hui – pourtant, ni l’UMP, ni les partis du centre, ni le gouvernement PS-EELV actuel ne les remettent en question. Cette dérive totalitaire des instances européennes et mondiales doit cesser et le dogme illusoire de la « concurrence libre et non faussée » doit laisser place à une organisation coopérative du marché, qui tienne compte du coût humain, social et écologique engendré.

3. Mettre en place une planification écologique au nom de l’intérêt général.

Face aux enjeux environnementaux actuels, dont nous commençons tout juste à mesurer l’ampleur, nous devons développer des réponses ambitieuses, par un grand programme d’investissements, en particulier pour maîtriser notre consommation d’énergie (ferroutage, planification urbaine, transports alternatifs, consommation des productions locales… ) ou réduire notre dépendance aux énergies carbonnées (par la géothermie profonde, l’utilisation de l’énergie de la mer… ). Tout cela nécessite un engagement radical de la part de l’État et des citoyens afin de planifier et d’organiser ce développement.
Nous devons aussi réformer complètement la gestion de nos ressources naturelles et envisager des tarifications progressives et selon l’usage – de la gratuité pour les besoins essentiels, à des tarifs beaucoup plus élevés pour le gaspillage. De telles réformes très concrètes jetteraient les bases pour une société différente dans laquelle nous pourrions vivre mieux et en harmonie avec notre environnement.

4. Produire autrement en instaurant la règle verte.

Le pseudo « Grenelle » du précédent gouvernement et les mesurettes du gouvernement PS-EELV actuel ne permettent pas de remettre en cause le moteur principal du système qui crée les crises sociales, économiques et écologiques actuelles. Ce moteur est l’accumulation capitaliste et la consommation à outrance qu’elle induit. Sans remise en cause du système économique, rien ne changera.
Notre production doit être repensée de manière à ce que le ré-usage et le recyclage de chaque objet de consommation soient optimaux. De plus, le transport des produits manufacturés, basé sur un commerce international non réglementé, est destructeur de notre environnement naturel et social. De plus, afin de retrouver notre souveraineté alimentaire tout en protégeant notre milieu, nous proposons la mise en place d’une aide importante à la relocalisation de la production. Cette mesure permettrait en outre de créer de nombreux emplois générés par les besoins de la population. Sur cette idée fondamentale, repose également la règle verte, qui indique qu’il ne sera plus possible d’emprunter au capital naturel plus qu’il n’est capable de régénérer. 

Comme vous le voyez, l’écosocialisme est un programme politique complet – au sens noble du terme. C’est une vision construite et cohérente de la société que nous voulons construire avec vous.

Parce qu’une autre gauche est possible, le 26 Mai, je vote Front de Gauche!


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Portraits croisés

Un(e) candidat(e) du Front de Gauche se doit de connaitre le terrain sur lequel il (elle) se présente.

Avec Medhi, samedi 16 mars 2013, Michèle Parravicini et moi nous sommes promenés dans un quartier populaire et tranquille d’Athènes. Nous avons rencontré, chez eux, des migrants : syriens, lybiens,  benghladis et autres éthiopiens. Beaucoup d’hommes mais aussi quelques femmes et enfants.

Studio ou petit T2, extrêmement insalubres, souvent sans électricité, dans lesquels vivent cinq, six personnes ou plus. Miséreux mais propre, ces habitations ne sont pas sans rappeler les images des lieux de vie des années 50 en France. La misère dénoncée par l’Abbé Pierre.

Après cette visite chaleureuse mais néanmoins difficile, nous sommes allés nous installer dans un café situé sur une de ces agréables places, dont Athènes a le secret.

La serveuse, Anna ( Άννα), parlant très bien le français nous avons décidé de l’interviewer.

Nous avons croisé cette interview avec celle de Medhi.

(Pour des raisons de sécurité les prénoms ont été changés).

La parole au Peuple

Michèle : Bonjour Anna, Bonjour Medhi.
Anna : Bonjour
Medhi : Bonjour
Michèle : Pouvez-vous vous présenter ?
Anna : Mon père est grec, ma mère française, j’ai donc la double nationalité. Mes  parents son divorcés. J’ai 25 ans.
Medhi : Je suis tunisien, divorcé j’ai deux enfants. Je suis un migrant.
Michèle : Vous habitez Athènes ?
Anna : Non, j’habite dans une île chez ma grand-mère avec mon père.  Mais pour travailler, il faut que je réside ici, alors je squatte pour l’instant chez des copains. J’ai très peur de prendre un loyer car mon travail est très instable.
Pourtant, j’ai de la chance. J’ai trouvé cette place depuis deux semaines où je suis un peu mieux payée que chez mon patron précédent. Et la clientèle est globalement agréable.
Il m’est arrivé une fois de travailler six mois sans être payée. Ici, le patron me paye tous les 15 jours. Mais, c’est difficile. Je gagne 3 euros de l’heure sans être déclarée. Donc, sans couverture sociale. Je travaille 8 heures par jour. Mon père est au chômage et vit sur la pension de sa mère qui est passée de 800 à 480 euros par mois. Quand je peux je leur envoie un peu d’argent.
Medhi : Je suis ici depuis deux ans et demi. J’habite où je peux : les squares, un lit dans un appart de migrants quand je trouve des travaux payés à 10 ou 12 euros la journée de 10 ou 12 heures ou quand ma famille qui, vit en France, m’envoie un peu d’argent. En ce moment, j’ai de la chance, je fais du couchsurfing. Je me repose avant de reprendre la galère.

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Michèle : Vous allez en France ?
Anna : En France ? Mais comment avec le salaire que j’ai pourrais-je me payer un billet d’avion ? Il y a quatre ans que je n’ai pas vu ma mère qui vit à Lyon. J’ai envisagé la solution de l’immigration. Mais, le chômage augmente aussi en France. Et, me retrouver migrante comme Medhi dans mon propre pays ? Avec des commentaires sur les Grecs qui ne payent pas d’impôts, qui vivent aux crochets de l’Europe etc., cela ne me tente pas.
Medhi : Moi, j’espère pouvoir y aller.
Michèle : Comment sont les Grecs ?
Anna : Depuis le début de la crise en 2008-2009 ils ont bien changé. Et pas en bien. Ils sont de plus en plus fermés sur eux même. Ici, mon patron est albanais, il est correct. Avec les Grecs c’est pas très net. Ils sont toujours dans une relation ambiguë avec les serveuses. Et, sachant le marché de l’emploi très tendu, ils en profitent. Ils nous prennent pour des esclaves.
Medhi : J’ai croisé des Grecs très sympas. Mais je sais aussi les difficultés que traverse la Grèce.
Michèle : A propos de difficultés, vous intéressez vous à la politique ?
Anna : Je travaille depuis l’âge de 16 ans. Donc, je m’intéresse au syndicalisme et à la politique. Je suis proche du Syriza. Mais je milite peu car j’ai des préoccupations plus immédiates et vitales.
Medhi : Mon père était secrétaire Général de la Fédération Nationale du Transport au sein de l’UGTT (1) important syndicat tunisien. Il a été limogé quelques mois avant le coup d’état de Ben Ali.
J’ai fait des études agronomiques et je me suis toujours intéressé à l’écologie et la politique. Ici, c’est plus difficile. Je participe quelquefois à des manifs anti-fascistes, je colle des affiches et je distribue des tracts. Je sais que je n’ai pas le droit.  Si la police m’arrête elle sera plus violente avec moi qu’avec les Grecs. Et avec les Grecs de gauche, les flics sont déjà très violents. Donc je prends du recul maintenant. Si certains immigrés sont nombreux et organisés comme les Pakistanais, il y a très peu d’arabes et de maghrébins qui sont eux, francophones. Moi aussi, comme Anna et tous les migrants, j’ai la tête prise par les questions immédiates, concrètes et vitales : où je dors ce soir ? Comment je mange ? Comment trouver du travail ?
Je sors le moins possible car j’ai toujours cette peur et cette angoisse de la police et de « aube dorée ».
Anna : Moi, je trouve surprenante la participation des migrants à certaines actions. La majorité ne parle pas le grec. La politique grecque est très compliquée et je crois qu’on peut leur faire croire un peu n’importe quoi.
Medhi : Oui, c’est vrai. Je suis étonné de trouver à la porte de certains magasins transformés en Mosquées, des journaux écrit en arabe prônant un soutien au gouvernement qui prétend vouloir construire une vrai Mosquée. Je ne sais pas si beaucoup de Musulmans croient à cette promesse.
Anna : Ce qui me semble inquiétant, c’est la montée du parti chrisi avgi (aube dorée). Et aussi la lassitude des vieux Grecs. Même à Exarheia, le quartier libertaire, il commence à y avoir des problèmes. Beaucoup de gaz lacrymogène, des interventions continues de la police… font que les habitants changent.
Ici, en Grèce, beaucoup d’armes circulent. Pas comme en France chez les voyous ou les terroristes islamistes, mais chez les Grecs.
Michèle : Et tu as des relations avec la communauté Française ?
Anna : Je connais l’institut français. Mais, je n’y vais jamais. D’ailleurs, je n’ai même pas de carte d’identité française. Il faut la faire mais c’est toujours compliqué. Que fait la France pour moi ?  Dois-je me sentir coupable d’une belle histoire d’amour entre un Grec et une Française ?
Vous êtes les premiers français à qui je parle depuis très, très, longtemps.
Michèle : Et vous voyez votre avenir comment ?
Anna : L’avenir ? Comme tous les jeunes qui vivent en Grèce, je n’ai pas de projet. Je vis au jour le jour. J’ai des rêves. Je n’ai pas fait d’études mais j’aimerai un jour aller dans une école des Beaux-Arts. Il paraît que j’ai des aptitudes.
Medhi : Inchallah !!

Rapporté et mis en forme par Georges. 

Brève

Comme citoyen français et européen, comme migrant, fut-il privilégié, comme soutien actif de la candidate du FG Michèle Parravicini, le 26 mars 2013 à 19 heures, j’ai accompagné Medhi, nous nous sommes rendus à la « Mosquée » de quartier pour rendre un dernier hommage aux six personnes – dont 3 enfants et une jeune femme enceinte de 17 ans-  parmi les onze Syriens décédés, noyés dans la mer Egée, le 6 mars 2013,  suite au naufrage du zodiac affrété par un passeur. Ils tentaient de revenir en Grèce.

Six corps qui étaient entassés dans une estafette. Apres la cérémonie, la camionnette est partie pour un dernier voyage de 8 heures, Athènes ne possédant pas de cimetière Musulmans.

Qui a parlé de politique génocidaire ?

(1) note du rédacteur : Sous Ben Ali, la direction de l’UGTT s’est compromise avec le régime de l’ancien dictateur, qu’elle soutenait. (source wikipédia)

Blocus financier de Chypre par Jean-Luc Mélenchon

La décision du banquier central Mario Draggi de ne plus alimenter Chypre en euros jusqu’à ce que Chypre capitule intervient pourtant après un vote souverain du parlement national. C’est un acte d’agression inacceptable. Il montre que l’euro est non seulement un luxe Merkelien coûteux mais aussi un dangereux moyen d’action contre la souveraineté d’un peuple. Il s’agit d’un abus de pouvoir, certes mais aussi d’une alarme qui doit être entendue.

La France ne peut cautionner cette violence sauf à l’autoriser contre elle-même le cas échéant. S’il faut désormais choisir entre la souveraineté du peuple et celle de l’euro, la France doit choisir le peuple.

La décision du banquier central est un tournant dans l’histoire de l’union européenne. Elle impose un choix : soit changer le statut de la banque centrale et donc celui de l’euro pour sécuriser la souveraineté des peuples, soit renoncer à l’euro Merkel.

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon