La décision de l’Eurogroupe sur Chypre est catastrophique

A l’occasion de sa réunion à Athènes, le 27 Mars 2013, la Présidence du Parti de la gauche européenne (PGE) a souhaité exprimer sa solidarité avec le peuple chypriote et avec sa lutte contre l’imposition d’un plan d’austérité.

Les évolutions à Chypre signalent une nouvelle phase de l’Union européenne, caractérisée par une escalade de la violence et de l’autoritarisme néo-libéral contre la démocratie et les souverainetés populaires. Chypre n’est pas un cas « à part », ce nouveau plan concerne probablement tous les États surendettés de la zone euro. Le NON du Parlement chypriote, qui contraste avec l’attitude soumise de la droite du Président Anastasiades, a été brutalement attaqué par l’UE et la troïka, qui ont même exigé que le plan B soit adopté sans vote parlementaire.

La décision de l’Eurogroupe sur Chypre est catastrophique, tant au plan social qu’économique : les prévisions parlent d’une « adaptation violente » du peuple chypriote à la misère par des mesures qui conduiront à la perte de 20% du PIB chypriote en six mois!

La passion soudaine des dirigeants de l’UE, pour la lutte contre le blanchiment d’argent est d’une hypocrisie remarquable. S’ils voulaient vraiment lutter contre le blanchiment d’argent et la fraude fiscale, ils auraient du accepter les propositions répétées de la gauche européenne et des mouvements sociaux pour la suppression des paradis fiscaux et des sociétés offshore, ainsi que la mise en place de taxes sur la circulation des capitaux.

Les conséquences de l’offensive néolibérale, soit disant « européiste », pousse en réalité les gens vers le chauvinisme, l’extrémisme de droite et le populisme anti-politique. La gauche européenne est fermement opposée à la destruction de l’Europe par la direction de l’UE et les gouvernements néolibéraux nationaux. Elle va intensifier sa lutte pour la formation d’un front social et politique européen de résistance et alternative. Le NON du Parlement chypriote crée déjà une rupture face à la vieille rengaine selon laquelle il n’y a pas d’alternative. La lutte pour la restauration de la démocratie, de la justice sociale et de la souveraineté populaire doit désormais s’intensifier. En ce sens, le PGE soutient la demande de la population chypriote de décider si elle souhaite être soumise à ce plan de destruction ou non, par le biais d’un référendum.

Pour la présidence du PGE,
Pierre Laurent
, Président du PGE,

Alexis Tsipras, Maïté Mola, Marisa Matias et Grigore Petrenco, vice-présidents du PGE